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Les nouveaux dispositifs de prime à la conversion expliqués

Par Maxime
6 minutes

Comprendre la nouvelle prime à la conversion : un levier pour accélérer la transition automobile

Remplacer une voiture vieillissante par un modèle plus propre n’est plus seulement un choix personnel : c’est l’un des piliers de la politique de transition écologique en France. Avec la montée en puissance des normes européennes sur les émissions, l’essor de l’électrique et la volonté de relancer le renouvellement du parc, les dispositifs de prime à la conversion évoluent. En 2024, de nouvelles règles, plus ciblées et ambitieuses, viennent dessiner le paysage des aides à l’achat automobile.
Décryptage complet, conseils pratiques et réponses aux questions fréquentes pour s’y retrouver : que change la réforme pour les automobilistes ?


Prime à la conversion : les grands principes et les nouveautés 2024

La « prime à la conversion » vise à inciter les particuliers et professionnels à se défaire de véhicules anciens, souvent plus polluants, pour acheter une voiture neuve ou d’occasion émettant moins de CO2.
Depuis ses débuts en 2018, ce coup de pouce gouvernemental a permis la mise à la casse anticipée de près de 2 millions de voitures. Mais avec les objectifs ambitieux de décarbonation, le dispositif a été réformé en profondeur fin 2023 :

  • Restriction du champ d’application : seules certaines catégories de véhicules sont désormais éligibles, avec une priorité nette aux modèles électriques et hybrides rechargeables.
  • Revalorisation des montants pour les plus modestes : la prime maximale augmente pour les foyers à faibles revenus ou résidant en zones à faibles émissions mobilité (ZFE-m).
  • Prise en compte élargie des véhicules d’occasion récents : achats d’occasions électriques ou hybrides rechargeables bénéficient aussi des aides, sous conditions.
  • Renforcement des critères d’attribution : le plafond d’émission de CO2 admissible a encore été abaissé et l’âge du véhicule à détruire est désormais déterminant.

Ces ajustements s’inscrivent dans la volonté de concrétiser le verdissement du parc automobile : plus social, plus écologique, plus incitatif.


Qui peut bénéficier de la prime à la conversion en 2024 ?

Tous les ménages ne sont pas logés à la même enseigne, et l’accès dépend de plusieurs critères :

  • Situation fiscale : la prime est majorée pour les ménages dont le revenu fiscal de référence par part est inférieur à un seuil fixé chaque année (en 2024, environ 15 400 €).
  • Lieu de résidence : un bonus supplémentaire est attribué si on réside ou travaille dans une ZFE-m, ces agglomérations où les restrictions de circulation sont déjà en vigueur (Paris, Lyon, Marseille, etc.).
  • Type de véhicule acquis : la priorité va désormais :
    • aux véhicules 100% électriques (y compris utilitaires et deux-roues, sous conditions),
    • aux hybrides rechargeables avec une autonomie en mode électrique supérieure à 50 km,
    • aux véhicules d’occasion récents exclusivement électriques ou hybrides rechargeables.
  • Véhicule à mettre au rebut : il doit s’agir d’une voiture ou camionnette diesel immatriculée avant 2011 ou essence avant 2006 (norme Euro 4 ou plus ancienne). La destruction doit se faire dans un centre agréé, preuve à l’appui.
  • Engagement d’usage : l’acheteur doit garder le nouveau véhicule au minimum 6 mois et rouler au moins 6 000 km ou 3 000 km pour un deux-roues.

À retenir : le dispositif est cumulable avec le bonus écologique, ce qui peut représenter jusqu’à 13 000 € d’aides pour un ménage éligible en cas d’achat d’une voiture électrique.


Quels montants possibles : calculez votre gain potentiel

La nouvelle prime à la conversion varie selon plusieurs facteurs déterminants :

  • Pour une voiture électrique ou hybride rechargeable neuve :
    • Ménages très modestes : jusqu’à 6 000 € de prime (hors bonus écologique).
    • Ménages modestes : jusqu’à 5 000 €.
    • Foyers plus aisés : 4 000 € maximum.
    • Prime supplémentaire de 1 000 à 2 000 € si résident ou travailleur en ZFE-m.
  • Pour une voiture d’occasion électrique (moins de 3 ans) :
    • Ménages très modestes/ZFE-m : 5 000 € maximum.
    • Ménages modestes et autres : 2 500 à 4 000 €.
  • Pour les deux-roues ou utilitaires électriques :
    • Prime pouvant aller jusqu’à 1 500 € (+ nouvelle surprime possible en ZFE-m).

Les montants ne peuvent pas dépasser 80% du coût d’acquisition (hors bonus et reprise). Attention, le cumul est plafonné pour éviter les effets d’aubaine.


La prime à la conversion est-elle cumulable ? Focus bonus écologique et aides locales

Bonne nouvelle : le versement de la prime à la conversion s’ajoute au bonus écologique national, lui-même accessible pour l’achat ou la location longue durée d’un véhicule neuf éligible (jusqu’à 7 000 € en 2024 pour une voiture électrique neuve, selon le revenu fiscal).
À cela, s’ajoutent parfois des aides régionales ou municipales : Ile-de-France Mobilités, Métropole du Grand Lyon ou Ville de Paris proposent des aides additionnelles pour les habitants et professionnels désireux de passer à l’électrique.
Renseignez-vous toujours en amont, car le cumul peut représenter une économie totale de plus de 15 000 € sur certains profils.


Procédure : comment demander la prime à la conversion ?

L’attribution de la prime suit un circuit précis :

  1. Vérifier son éligibilité : simulez votre cas sur le site officiel www.primealaconversion.gouv.fr ou via le simulateur proposé par les grandes enseignes automobiles.
  2. Choisir un véhicule conforme : tout n’est pas éligible ! Vérifiez l’étiquette énergie, la date de mise en circulation, la norme Euro du véhicule à céder.
  3. Mettre à la casse l’ancien véhicule : apportez-le dans un centre VHU agréé qui vous remettra un certificat de destruction à joindre impérativement à votre dossier.
  4. Constituer son dossier : justificatifs d’identité et de domicile, avis d’imposition, carte grise, facture d’achat du nouveau véhicule, preuve de cession de l’ancien.
  5. Déposer la demande : généralement via la plateforme primealaconversion.gouv.fr. Certains concessionnaires avancent la prime (remise immédiate) – un atout lors du financement.
  6. Attendre le versement : après étude, la prime est virée sur votre compte (ou déduite à l’achat selon l’opérateur).

Conseil : ne versez jamais d’arrhes ou acompte avant d’avoir la certitude que le véhicule choisi est bien compatible avec la prime. Rapprochez-vous de votre vendeur, car la garantie d’éligibilité doit faire l’objet d’une mention sur le bon de commande.


Quelques cas pratiques et retours d’expérience

Cas concret : une famille habitant en ZFE-m (limite de circulation pour Crit’Air 3 et plus), deux enfants à bord, revenu fiscal annuel de 28 000 €. Leur vieille Citroën C3 diesel (2007) est mise à la casse : ils achètent une Renault Zoé électrique d’occasion de moins de 3 ans à 19 000 €. Après analyse, ils cumulent bonus et prime à la conversion, soit plus de 9 000 € d’aides. La facture finale descend sous les 10 000 €, qui sera partiellement financée via un crédit auto vert à taux préférentiel.
Pour les professionnels, la logique est la même : une TPE remplace son utilitaire diesel par un Kangoo E-Tech neuf, profitant d’environ 7 000 € de subventions cumulées grâce à la prime majorée et l’aide régionale.


Les évolutions futures et points d’attention pour 2025

En 2024, la prime à la conversion durcit sa sélectivité, avec une volonté politique assumée : réorienter le parc français massivement vers l’électrique, tout en soutenant l’accès pour les ménages modestes. Mais la réglementation est amenée à évoluer rapidement :

  • Le gouvernement prévoit un recentrage du dispositif sur l’achat de voitures d’occasion électriques ou hybrides rechargeables récemment mises sur le marché, pour éviter l’importation de véhicules neufs trop chers.
  • Voici les enjeux à surveiller : extension du dispositif aux micro-voitures, renforcement de l’accompagnement (micro-crédit, leasing social), durcissement progressif des seuils d’émissions et de l’âge des véhicules mis à la casse.

Plus que jamais, la prime à la conversion devient une pièce centrale pour accélérer la mutation verte de la mobilité, mais elle demande d’être bien informé dans ses démarches.


FAQ spéciale « prime à la conversion »

  • Puis-je bénéficier de la prime pour une location longue durée (LLD ou LOA) ?
    Oui, sous condition de prendre une LLD ou LOA d’au moins 2 ans, véhicule éligible et respect des critères habituels.
  • Que se passe-t-il si je revends mon véhicule trop tôt ?
    La prime devra être remboursée si les 6 mois ou 6 000 km ne sont pas atteints.
  • Mon ancien véhicule est tombé en panne ou accidenté, puis-je tout de même l’utiliser pour la prime ?
    Oui, à condition qu’il soit assuré, à votre nom depuis au moins 1 an et physiquement complet lors de la destruction.
  • Les entreprises sont-elles concernées ?
    Oui : conditions assouplies pour les TPE/PME et indépendants, mais montants plafonnés et procédure analogue.
  • Combien de fois puis-je prétendre à la prime ?
    Deux primes sont attribuables pour un même ménage (une par personne), mais un bénéficiaire ne peut demander plus d’une prime tous les trois ans.

En résumé : une opportunité à ne pas manquer pour un changement durable

Avec la hausse des prix des véhicules et le durcissement des restrictions en ville, la nouvelle prime à la conversion devient une bouée de sauvetage pour des milliers de foyers voulant accéder à une mobilité plus propre et économique.
Pour profiter au mieux de ce dispositif, informez-vous sur les critères, anticipez les délais administratifs, faites-vous accompagner par un professionnel – concessionnaire ou service public – et vérifiez toutes les sources d’aides, nationales comme locales.

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