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Radars et contrôles routiers : ce qui change pour les automobilistes en 2024

Par Maxime
6 minutes

Radars, contrôles et nouvelles mesures : ce que 2024 réserve aux automobilistes français


L’année 2024 marque une évolution dans la politique de sécurité routière hexagonale. Avec l’objectif affiché de réduire le nombre d’accidents et de mieux responsabiliser les conducteurs, l’État et les forces de l’ordre adoptent de nouvelles technologies, ajustent leurs stratégies de contrôles et affinent la législation. Mais que faut-il réellement attendre sur le terrain ? Quels sont les nouveaux radars, les règles révisées et les tendances qui impactent les familles et les conducteurs au quotidien ? Tour d’horizon pratique, pour rouler en toute connaissance des enjeux actuels.


De nouveaux radars plus performants et plus nombreux


Le parc de radars évolue rapidement en France. Après l’introduction des radars tourelles ces dernières années, 2024 voit l’arrivée d’une nouvelle génération de dispositifs automatisés, plus discrets et multifonctions.


  • Radars tourelles dernière génération : installés sur des mats élevés et plus robustes, ils peuvent contrôler simultanément plusieurs infractions : vitesse, non-respect des feux rouges, franchissement de lignes continues, absence de ceinture, téléphone au volant et bientôt, distances de sécurité entre véhicules. Leur nombre devrait dépasser 1 500 unités d’ici la fin de l’année.
  • Radars anti-bruit : expérimentés dans quelques villes depuis 2023, ils se déploient progressivement en zone urbaine. L’objectif : sanctionner les véhicules bruyants (échappement modifié, moteurs trop sonores) via des amendes automatiques. L’homologation nationale est attendue pour le courant de 2024.
  • Radars de passage à niveau : une nouvelle vague d’installation concerne les abords de passages à niveau, ciblant le franchissement illicite alors que la barrière est abaissée ou en mouvement, cause régulière de drames.
  • Radars embarqués privatisés : le dispositif s’étend encore sur le territoire. Gérés par des sociétés privées pour le compte de l’État, ils circulent en voitures banalisées et verbalisent la vitesse excessive sur routes secondaires et nationales. Leur géolocalisation n’est désormais plus communiquée en temps réel par la Sécurité routière.

Côté innovation, des radars « indétectables » viseront bientôt le contrôle automatisé du téléphone au volant grâce à l’intelligence artificielle et à la reconnaissance d’image.


Des contrôles routiers repensés : ciblage et prévention


Loin du schéma traditionnel de contrôles généralisés, 2024 s’oriente vers des opérations mieux ciblées, plus mobiles, mais toujours alliant surveillance et actions pédagogiques. Les grandes opérations « coup de poing » sur autoroute ou sortie de boîte de nuit font désormais la part belle à un mix de contrôles aléatoires, de dispositifs mobiles (gendarmes en moto, motards banalisés) et de passages fréquents sur les axes accidentogènes.


  • Contrôles de stupéfiants et d’alcoolémie renforcés : le dépistage salivaire se généralise, vise les conducteurs de moins de 35 ans (population surreprésentée dans les accidents graves), mais aussi professionnels et seniors.
  • Weekend et vacances sous surveillance : les pics de départs/retours sont désormais systématiquement couverts par des dispositifs coordonnés (radar mobiles, contrôles de vitesse, vérification des papiers et équipements, tests d’alcool/stupéfiants).
  • Contrôle technique et police écologique : la police s’associe aux contrôleurs agréés pour détecter les véhicules modifiés (échappements, abaissement, cartographie moteur illégale) ou non conformes à la norme pollution (ZFE).

L’accent est mis sur la prévention, en particulier auprès des jeunes conducteurs et des familles : distribution de brochures, ateliers de sensibilisation sur l’équipement des enfants, rappels sur l’usage du téléphone mains-libres et sur les nouveaux seuils de tolérance (plus faibles qu’auparavant).


Changements législatifs et réglementaires pour tous les automobilistes


Chaque année apporte son lot d’ajustements législatifs. 2024 continue dans cette lancée :


  • Abaissement de certains seuils de tolérance : les dépassements de vitesse « minimes » (1 à 5 km/h) font désormais systématiquement l’objet d’une amende et d’un retrait de point, même en zone 30.
  • Attention aux ZFE : dans 45 agglomérations françaises, le contrôle automatisé des vignettes Crit’Air s’étend, par lecture de plaque. Gare aux amendes pour les véhicules non conformes ou sans vignette.
  • Prise en compte du recours aux assistants de conduite : l’usage abusif des aides à la conduite (tels que l’Autopilot Tesla – activation autonome sur route non adaptée) peut être verbalisé pour défaut de maîtrise du véhicule.
  • Extension automatique de la suspension en cas de récidive grave : deux infractions majeures (grands excès, alcool, délit de fuite) dans l’année provoquent désormais une suspension administrative de six mois minimum.
  • Jeunes conducteurs : période probatoire renforcée et quotas de points attribués à la récupération plus stricts.

Les polices municipales reçoivent des prérogatives élargies pour verbaliser (dépassement vitesse en ville, infractions stationnement, bruit, non-port du casque à vélo), y compris par vidéo-verbalisation automatisée.


Quels impacts pour les familles, les actifs et les seniors ?


Pour le public familial, les évolutions de 2024 imposent davantage de rigueur mais aussi une adaptation des habitudes :


  • Vérifier systématiquement la validité de la vignette Crit’Air avant tout déplacement urbain.
  • S’assurer du bon réglage des sièges enfants et du non-engagement du téléphone en conduite.
  • Rester vigilant lors des week-ends et grands départs, où la multiplication des radars mobiles surprises est la règle.
  • Envisager des équipements compatibles ZFE lors de l’achat d’une voiture neuve ou d’occasion.

Les seniors sont également concernés : la fatigue ou la perte de réflexes sont surveillées de plus près lors des contrôles routiers (opérations dédiées, retour du contrôle médical à la conduite en expérimentation dans certains départements).


Les professionnels (artisans, livreurs, société de transport) doivent de leur côté s’adapter à des itinéraires toujours plus surveillés par radars tronçons, contrôles anti-pollution et restrictions horaires dans les centres-villes.


Radars, chiffres-clés et modes de contestation


Que représentent les radars en 2024 ?

  • Plus de 4 600 appareils actifs (toutes catégories), dont 2 000 radars fixes et 1 500 tourelles multifonctions.
  • 8 voitures-radars privatisées dans chaque région, effectuant plus de 18 heures de contrôles quotidiens en moyenne.
  • 650 radars autonomes « chantiers » pour sécuriser régulièrement les zones de travaux.
  • 80 % des flashs concernent un excès de vitesse inférieur à 20 km/h au-dessus de la limite, appuyant l’importance du respect même des faibles dépassements.

Comment contester un PV en 2024 ?

Suite à un flash ou une verbalisation, il reste possible de contester dans les formes classiques :


  1. Envoyer la demande de contestation sur le site de l’ANTAI (Agence nationale de traitement automatisé des infractions) dans les 45 jours suivant l’avis.
  2. Fournir tout justificatif précis : erreur d’immatriculation, usurpation de plaque, non-conformité du radar (panne, conditions climatiques exceptionnelles).
  3. En cas d’infraction relevée par radar embarqué, la localisation exacte n’est cependant plus communiquée (complexifiant la démarche).

Des associations d'usagers mettent à disposition des courriers type et des guides pour accompagner dans la procédure.


FAQ : ce que tout automobiliste doit savoir pour 2024

  • Peut-on encore signaler les contrôles sur Waze ? Oui, mais dans certaines zones (contrôles alcool, opérations exceptionnelles), la fonction peut être ponctuellement désactivée par les autorités par mesure de sécurité.
  • Un radar peut-il flasher une vieille voiture sans vignette Crit’Air ? Oui si la ZFE est en vigueur, même sans excès de vitesse.
  • Est-il possible de perdre plusieurs points avec un seul contrôle ? Oui, en cas d’infractions multiples lors du même contrôle : téléphone + ceinture = 6 points possibles.
  • Les véhicules électriques sont-ils aussi contrôlés ? Oui, ils peuvent être verbalisés pour excès de vitesse, infractions environnementales, bruit et défaut d'équipement.
  • Comment reconnaître un radar privé banalisé ? Impossible à l’œil nu. Ils circulent dans des véhicules type Peugeot 308, Renault Mégane, Citroën Berlingo, sans identification extérieure.
  • Le port de la ceinture est-il vérifié par camera ? Oui, certains radars tourelles et vidéo-verbalisation s’en occupent automatiquement.

En synthèse : prudence, anticipation et adaptation


Face à la révolution des dispositifs de contrôle, le mot d’ordre est simple : vigilance et anticipation. Même si certains dispositifs peuvent paraître intrusifs ou susciter le débat, la tendance est clairement à la multiplication des radars intelligents, à la dépénalisation du contrôle et à la généralisation de la surveillance connectée.


Misez donc sur l’entretien régulier de votre véhicule, la mise à jour des équipements, le respect strict des vitesses, mais aussi l’information : n’hésitez pas à consulter les sites officiels, à dialoguer avec les associations d’usagers et à préparer tout déplacement inhabituel avec soin.


Pour aller plus loin, retrouvez nos dossiers complets sur les radars, la sécurité routière, la législation et nos retours d’expérience concrets de familles sur www.parentsautop.com.

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