Assurance & budget

Comprendre le bonus-malus : impact réel sur votre budget auto

Par Maxime
6 minutes

Le système bonus-malus : un pilier de l’assurance auto française

Lorsque l’on souscrit une assurance automobile en France, impossible d’échapper à un terme central pour le calcul de sa prime : le fameux « bonus-malus ». Cet indicateur clé, aussi appelé coefficient de réduction-majoration (CRM), impacte de façon directe ce que vous payez chaque année pour assurer votre véhicule. Pourtant, ses mécanismes, ses effets sur la facture et les moyens d’en tirer parti restent parfois mal compris, voire source d’inquiétudes pour de nombreux automobilistes, jeunes permis ou conducteurs aguerris.


Bonus-malus : de quoi s’agit-il concrètement ?

Le bonus-malus est un système instauré pour responsabiliser les conducteurs, encourager la prudence et sensibiliser à l’importance d’éviter les accidents responsables. Le principe en est simple : votre prime de base (« prime de référence » définie par l’assureur selon votre profil et véhicule) est multipliée par un coefficient évoluant en fonction de votre comportement routier.

  • Le bonus : il récompense le conducteur n’ayant causé aucun accident responsable dans l’année écoulée. Votre coefficient diminue de 5% chaque année sans sinistre, réduisant d’autant votre cotisation.
  • Le malus : il sanctionne, à l’inverse, les accidents responsables, majorant le coefficient suivant la gravité et la fréquence des sinistres.

Ce dispositif concerne la quasi-totalité des contrats d’assurance auto « tourisme », à l’exception des véhicules professionnels, engins agricoles et quelques cas particuliers (taxis, vélo-taxis...).


Comment est calculé le coefficient bonus-malus ?

Au départ, chaque assuré débute avec un coefficient de 1.00 (soit 100% de la prime de référence). Ensuite, à chaque échéance annuelle, l’assureur applique les réductions ou majorations suivantes :

  • Réduction : 5% de moins sur le coefficient (multiplié par 0,95) pour chaque année sans accident responsable (bonus maximum 0,50, soit 50%).
  • Majoration : chaque accident « responsable » entraîne une majoration de 25% du coefficient (multiplié par 1,25). Un accident « semi-responsable » majore de 12,5%.

Exemple : Un automobiliste avec un coefficient de 0,70 (après 6 années sans accident) qui provoque un sinistre verra son coefficient passer l’année suivante à 0,70 x 1,25 = 0,875.


Jusqu’où peut aller le bonus ? Et le malus ?

Le bonus maximal est plafonné à 0,50 (50% de la prime de base). Une fois atteint, la fidélité et la prudence vous garantissent la meilleure cotisation possible. Côté malus, le plafond est de 3,50 (soit 350% de la prime de référence) : une multiplication rapide en cas d’accumulation de sinistres responsables.


Incidence directe sur votre budget auto

Le paramètre bonus-malus entre dans la formule finale de calcul du montant annuel versé à l’assureur. Concrètement :

  • Avec un coefficient de 1,00 : vous payez 100% de la prime de référence.
  • Avec un bonus de 0,50 : seulement 50% de la prime (une vraie économie !).
  • Avec un malus de 1,50 : 150% de la prime, soit +50%.

Cela peut représenter des centaines d’euros de différence chaque année. Un second accident responsable dans la même année, et la majoration grimpe encore, rendant parfois certains contrats difficilement supportables côté budget.


Détail chiffré : un impact bien réel

Prenons deux automobilistes au profil identique, cotisant une prime de référence de 800 € :

  • Premier cas : 5 ans sans accident responsable : le coefficient est de 0,76 (bonus de 24%). Prime finale : 800 x 0,76 = 608 €
  • Deuxième cas : deux accidents responsables l’an passé : coefficient 1,56. Prime finale : 800 x 1,56 = 1 248 €

Sur 5 ans, la différence accumulée peut dépasser 2 000 €, hors éventuelle résiliation ou refus d’assurance pour accumulation de malus.


Bonus-malus et changement de véhicule ou d’assureur

Bonne nouvelle : votre coefficient vous suit d’une assurance à l’autre, et même en cas de changement de voiture. En revanche, attention :

  • Il n’est pas « transmissible » si vous cédez votre véhicule à un tiers ou à un membre de la famille ; chacun a son propre CRM.
  • Certains assureurs demandent une attestation de situation de CRM lors d’un changement (fournie gratuitement sur demande).

Le maintien du bonus-malus est donc une « monnaie de conduite » à soigner tout au long de sa vie d’automobiliste.


Effet « accident naturel » ou « bris de glace » : sont-ils pris en compte ?

Bonne question ! Non, seuls les accidents dont l’assuré est reconnu totalement ou partiellement responsable (chocs, accrochages, collisions impliquant des tiers) influent sur le bonus-malus. Les sinistres dits « non responsables » (vandalisme, grêle, vol, bris de glace seul…) n’impactent pas votre coefficient.


Puis-je perdre mon bonus ?

Oui, en cas de sinistre responsable : chaque accident majeur majore sensiblement le coefficient, et plusieurs dans l’année peuvent faire « fondre » le bonus accumulé. Ainsi, la prudence au volant est un investissement au long cours, parfois menacé par une simple inattention...


Retour au bonus : comment sortir d’un malus ?

Après un ou plusieurs sinistres ayant entraîné du malus, il est possible de retrouver un coefficient neutre (1,00) puis un bonus, à condition de passer chaque nouvelle année sans accident responsable. À raison de 5 % de réduction par an, il faut parfois de nombreuses années pour effacer totalement l’ardoise d’un malus élevé.

À noter : si vous restez sans accident pendant deux ans consécutifs avec un malus, le retour au coefficient de départ (1,00) est automatique selon le Code des assurances.


Conducteurs secondaires et jeunes permis : pièges et astuces

Pour les jeunes conducteurs ou les conducteurs secondaires, attention : le coefficient bonus-malus concerne le conducteur principal du contrat. Vouloir simuler une baisse de prime en désignant un parent comme titulaire alors que le jeune conduit la majeure partie du temps peut se retourner lourdement en cas de sinistre (refus d'indemnité, résiliation contractuelle).

À l’inverse, enchainer plusieurs années en conducteur secondaire (ex : sur le contrat des parents) n'accumule pas de bonus à son nom propre. Seule l'inscription régulière en conducteur principal permet d’amorcer la construction de son CRM personnel.


Bonus à vie, bonus des anciens : les exceptions

Certaines compagnies proposent des offres « bonus à vie » (après 3 ou 5 ans de bonus maximum, impossibilité de maluser brutalement), mais il s’agit d’avantages commerciaux proposés dans des situations particulières. Légalement, tout accident peut remettre en cause le coefficient, sauf disposition contractuelle explicite.


Questions fréquentes sur le bonus-malus

  • Doit-on payer plus si on change d’assureur avec du malus ? Oui : tous les assureurs appliquent le CRM de l’année écoulée. Impossible de « repartir à zéro » sauf après deux ans sans véhicule assuré.
  • Un sinistre non responsable change-t-il le bonus ? Non : aucune incidence si la preuve de l’absence de responsabilité est fournie (procès-verbal d’accident, constat amiable précisant la part non responsable).
  • Et en cas de partage des torts ? Le coefficient est augmenté de 12,5% au lieu de 25% (sinistre « semi-responsable »).
  • Le bonus est-il plafonné ? Oui : personne ne peut descendre en-dessous de 0,50, soit -50% sur sa prime de référence.

Optimiser son assurance grâce au bonus-malus : conseils pratiques

  • Respectez et anticipez : routes, limitations, fatigue… chaque accident évité est une économie réelle sur plusieurs années.
  • Choisissez bien votre degré de protection et votre franchise : selon votre bonus, il peut devenir intéressant de souscrire des garanties supplémentaires, à primes toujours réduites.
  • Transmettez systématiquement votre relevé d’information : en cas de changement d'assureur ou de véhicule, votre bonus vous suit. Un oubli peut entraîner une majoration inattendue.
  • En cas de sinistre mineur sans tiers : n’hésitez pas à demander à votre assureur si une déclaration vaut la peine au regard du surcoût malus (parfois il est plus rentable de réparer soi-même pour préserver son CRM).

En synthèse : bien gérer son bonus-malus, un réflexe à adopter pour son budget

Le système bonus-malus façonne durablement votre relation à l’assurance et à la dépense automobile. Bien compris et maîtrisé, il devient un levier puissant pour économiser chaque année sur son budget auto, mais aussi préserver l’accès à une assurance de qualité. Prudence, anticipation et vigilance sur la gestion administrative sont les clefs pour transformer votre « CRM » en atout… et non en fardeau financier.


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