Astuces d'achat

Acheter sa voiture à l’étranger : démarches, pièges et bonnes affaires

Par Maxime
6 minutes

Élargir sa recherche : pourquoi tenter l’aventure hors de nos frontières ?

Le marché automobile français séduit moins depuis plusieurs années par ses tarifs parfois élevés et un choix parfois limité, notamment sur certains modèles ou finitions. De plus en plus d’acheteurs se tournent donc vers l’étranger pour profiter de véhicules mieux équipés, de stocks plus importants ou de prix plus avantageux. En Allemagne, en Belgique, en Italie ou en Espagne, trouver la bonne affaire n’est cependant pas sans risque. Il convient de bien comprendre les démarches à suivre et de déjouer les pièges avant de franchir le pas de l’import.


Déterminer le pays cible : à chaque marché ses particularités

Avant d’aller plus loin, il s’agit de cibler le ou les pays où l’import semble le plus intéressant pour votre projet :

  • L’Allemagne : le royaume du véhicule d’occasion premium et de la diversité. On y trouve beaucoup de voitures soignées, à kilométrage réel, souvent mieux équipées qu’en France (surtout sur Audi, BMW, Mercedes, Volkswagen), mais aussi de nombreuses ex-voitures de société.
  • La Belgique : liens culturels proches, démarches administratives simplifiées, véhicules conformes aux normes françaises et entretiens généralement rigoureux.
  • L’Italie/Espagne : parfois plus abordables mais attention à la fréquence d’entretien et aux modèles plus exposés au soleil (peintures, intérieurs plastique fragilisés).
  • La Suisse, le Luxembourg, les Pays-Bas : réputés pour leur parc récent, des occasions bien suivies mais démarches souvent plus complexes côté administration et fiscalité (hors UE pour la Suisse).

Chasser la bonne affaire : conseils de pros pour éviter le piège

Certains sites spécialisés (mobile.de, autoscout24.fr…) permettent déjà de se faire une idée des tarifs pratiqués. Prudence néanmoins : une différence de prix trop importante doit questionner sur la provenance, le kilométrage réel ou l’origine du véhicule.
Conseils essentiels :

  • Favorisez les vendeurs ou concessionnaires officiels plutôt que les professionnels indélicats ou privés peu traçables.
  • Vérifiez la cohérence du carnet d’entretien, la présence de factures, l’existence du certificat de conformité européen (COC).
  • Contrôlez l’absence d’accident majeur, de défaut de paiement ou de dossier de vol (carte grise d’origine, numéro VIN, documents d’assurance).
  • Ne versez aucun acompte avant d’avoir vérifié l’existence physique du bien et la légitimité du vendeur (recherchez avis, coordonnées, numéro de TVA, etc.).
  • Négociez le prix en connaissance de cause et tenez compte des frais annexes : déplacement, passage aux mines, immatriculation et fiscalité…

Formalités administratives : les étapes incontournables de l’import

L’achat à l’étranger exige une organisation rigoureuse. Voici un guide pas à pas pour éviter les mauvaises surprises :


  1. La transaction sur place : effectuez-la avec le vendeur, récupérez le contrat de vente, la carte grise étrangère (ou le certificat d’immatriculation), le COC (certificat de conformité européen), le carnet d’entretien et les doubles de clés.
  2. Les plaques d’export : renseignez-vous sur les plaques provisoires/transit (plaques rouges allemandes « Kurzzeitkennzeichen », plaques WW temporaires…), indispensables pour rapatrier légalement le véhicule en France.
  3. Le quitus fiscal : il s’obtient auprès des services fiscaux français (service des impôts des entreprises), prouvant que la TVA est acquittée ou non exigible. Il est obligatoire même pour un véhicule déjà soumis à TVA dans le pays d’origine.
  4. Le contrôle technique : pour une voiture de plus de 4 ans, prévoyez un contrôle technique de moins de 6 mois, établi dans le pays vendeur ou à refaire à l’arrivée en France si besoin.
  5. L’immatriculation en France : rassemblez tous les documents (carte grise étrangère, COC, quitus fiscal, contrôle technique, pièce d’identité, justificatif de domicile…) pour effectuer la démarche sur le site de l’ANTS (Agence Nationale des Titres Sécurisés) ou via un professionnel habilité.
    Une fois la carte grise française reçue, faites établir les plaques définitives et assurez votre véhicule.

Combien coûte vraiment une importation ?

Bonne affaire ou fausse économie ? Le calcul total doit inclure :

  • Le prix d’achat du véhicule (souvent plus bas qu’en France sur certains modèles, mais avec des disparités selon la demande).
  • Le déplacement (transport, hôtel, essence, péages) : de quelques centaines d’euros à plus selon la distance ou si vous passez par un convoyeur.
  • Les plaques provisoires (de 30 à 180 € environ selon le pays, durée et assurance incluse ou non).
  • Les frais administratifs : quitus fiscal (gratuit), carte grise française (taxe régionale selon le département et la puissance fiscale, frais de dossier ANTS), contrôle technique (de 70 à 100 €).
  • TVA : à payer si véhicule neuf ou de moins de 6 mois/6 000 km, sinon non exigible pour une occasion au sein de l’UE (hors import hors UE, attention droits de douane et TVA à régler à l’entrée en France).
  • Éventuelle régularisation technique (homologation, mise aux normes, équipements complémentaires si le modèle n’a pas d’équivalent strict en France).

Bonnes affaires : sur quels modèles miser à l’étranger ?

Tous les véhicules ne se valent pas, et certains « marchés de niche » offrent d’excellents rapports équipement/prix :

  • Voitures allemandes premium (BMW, Audi, Mercedes) souvent suréquipées et aux historiques limpides en Allemagne.
  • Modèles « exotiques » ou peu proposés sur le marché français (véhicules de société bien entretenus, pures électriques/outils de mobilité en Norvège ou aux Pays-Bas).
  • Utilitaires, SUV, breaks familiaux : plus nombreux et parfois moins onéreux en Allemagne ou Belgique.
  • Voitures récentes très faiblement kilométrées, issues de flottes d’entreprises, reprises de leasing, particulièrement en Belgique et Allemagne.

Les arnaques typiques de l’import : rester vigilant à chaque étape

Si la majorité des transactions se font sans incident, certains discours doivent alerter :

  • Kilométrage trafiqué : vérifiez le relevé d’historique et l’usure physique du véhicule.
  • Véhicule gagé ou volé : vérifiez auprès du fichier EuroCheck, de la police locale ou demandez le certificat non-gage avant tout versement d’acompte.
  • Fausse promesse d’équipement ou de remboursement de TVA : tout avantage fiscal doit être vérifiable auprès des services douaniers et fiscaux.
  • Frais cachés : certaines sociétés d’import ou mandataires gonflent artificiellement leur marge ou laissent courir des frais inattendus jusqu’au dernier moment.
  • Litiges après livraison : une clause de garantie européenne peut exister mais les recours à distance demeurent plus complexes en cas de souci (vices cachés, défauts non déclarés…)

Mandataire, professionnel, ou achat en direct : quelle solution pour plus de tranquillité ?

Vous avez deux grandes options :

  • Achat en direct au vendeur étranger : moins cher, mais réclame de tout superviser soi-même (risques accrus, expérience indispensable).
  • Passer par un mandataire spécialisé ou un professionnel de l’importation agréé : plus simple, plus cher (1 000 à 2 000 € de frais généralement, selon les services), mais souvent un excellent rapport tranquillité/prix pour accompagner toutes les démarches, le contrôle du véhicule, la reprise, la garantie et la livraison à domicile.

FAQ « Acheter sa voiture à l’étranger »

  • Peut-on acheter une voiture à l’étranger puis la revendre rapidement en France ?
    Oui, à condition d’avoir réalisé toutes les démarches d’immatriculation. Mais attention, un véhicule importé fraîchement revendu peut être considéré comme une opération suspecte (négoce sans statut professionnel).
  • En cas de vice caché ou de litige, quels sont les recours ?
    En direct, le recours est compliqué à l’international. Raison de plus pour passer par un professionnel ou se faire accompagner lors de la transaction.
  • A-t-on droit à la garantie constructeur en France après l’import ?
    Oui, sur présentation du carnet, à condition que le modèle soit bien identique et couvert sur le territoire français (exclus certains modèles « hors réseau officiel »).
  • Est-il possible d’assurer un véhicule importé en WW ou plaques provisoires ?
    Oui, de nombreux assureurs proposent des formules temporaires dédiées à ces situations.
  • Les démarches changent-elles pour un véhicule 100 % électrique ou hybride ?
    Non pour le processus d’import, mais vérifiez bien l’existence d’un certificat de conformité européen et la compatibilité du chargeur avec le réseau français.

Conclusion : anticiper et s’informer pour saisir les vraies bonnes affaires

Importer une voiture reste une démarche accessible mais rigoureuse, à l’image d’un voyage à l’étranger bien préparé. Prendre le temps d’étudier les différents marchés, de budgéter les coûts réels, de se méfier des offres trop belles pour être vraies et, si besoin, de déléguer à un professionnel, permet d’éviter la plupart des écueils et de rouler sereinement dans la voiture de ses rêves, bien moins chère qu’en concession française.

Retrouvez plus de guides pratiques, conseils de professionnels et retours d’expérience concrets pour vos projets auto sur www.parentsautop.com , votre compagnon éditorial pour mieux traverser l’univers automobile, de la quête du bon plan jusqu’à l’entretien quotidien.

Articles à lire aussi
parentsautop.com