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Essai urbain : la microcitadine électrique face aux trajets quotidiens

Par Maxime
6 minutes

Le quotidien en ville réinventé grâce à la microcitadine électrique


Dans la course à la transition écologique et à la mobilité urbaine, une nouvelle actrice s’impose : la microcitadine électrique. Petites, malines, économiques à l’usage et (relativement) abordables, ces mini-voitures promettent de révolutionner nos trajets quotidiens en ville. Mais que valent-elles vraiment dans le tumulte du quotidien, entre embouteillages, stationnement difficile et rythmes urbains soutenus ? Après un essai prolongé de plusieurs modèles sur une semaine, Parentsautop.com vous livre un retour détaillé, concret et sans tabou sur le vécu en vraie vie de la microcitadine branchée.


Microcitadine électrique : définition et atouts immédiats


Pour beaucoup, la microcitadine fait référence à ces voitures lilliputiennes à 2 ou 4 places, dont l’encombrement défie la Smart, la Twingo E-Tech ou des modèles encore plus compacts (Renault Twizy, Citroën Ami, Fiat Topolino, etc.). Leur point commun ? Un moteur 100 % électrique, une autonomie pensée pour la ville (entre 75 et 220 km en général), un format passe-partout et souvent une offre sans permis pour les versions 45 km/h.
Leur conception penche nettement vers l’urbain : maniabilité extrême, gabarit réduit facilitant le stationnement, zéro émission à l’usage (et donc Crit’Air 0), entretien simplifié et conduite souvent amusante. Les microcitadines électriques revendiquent aussi un coût d’utilisation ridicule : en moyenne, moins de 2 € pour 100 km d’électricité.


Mise à l’épreuve : un essai urbain sur une semaine typique


Pour ce test grandeur nature, nous avons choisi deux références du moment : la Citroën Ami (version "Pop") et la Fiat 500e (petit pack batterie). Objectif : alterner entre trajets domicile-travail (12 km aller simple), courses hebdomadaires, rendez-vous médicaux, sorties en centre-ville, le tout en famille (2 adultes, 1 enfant en bas âge).

  • Premier constat : le démarrage est instantané, silencieux et agréable. L’absence de vibrations, de bruit moteur ou de boîte à vitesse participe à une ambiance zen… jusqu’à la première circulation dense.
  • En centre-ville : le gabarit ultra-compact de la Citroën Ami (2,41 m de long !) fait merveille : demi-tours sur place, possibilité de se faufiler partout, créneaux serrés, stationnement sur des places inaccessibles aux grandes voitures. La Fiat 500e, quoique plus cossue, compense par son rayon de braquage et une direction assistée très douce.
  • Aux feux et dans la circulation : la réactivité de l’électrique est bluffante, même sur la "petite" Ami (puissance limitée). On s’insère avec fluidité, on redémarre illico, et on ne laisse pas les scooters impatients respirer nos fumées.

Autonomie réelle : promesses et réalité au quotidien


La question que tout utilisateur potentiel se pose : les chiffres officiels tiennent-ils dans la vraie vie ? Pour la Citroën Ami (autonomie annoncée 75 km), nous avons atteint entre 60 et 68 km avant coupure, en mixant éco-conduite et trajets express. La Fiat 500e, donnée pour 190 km, en a réalisé 155 km avant recharge.
Le facteur déterminant ? L’usage de la clim, le chauffage, le rythme (accélérations fréquentes) et le relief. Pour un usage urbain moyen (10-20 km/jour), recharger n’est nécessaire que tous les 3-5 jours.
Conseil : privilégier, si possible, une installation de recharge à domicile (simple prise renforcée). Les bornes publiques, souvent prises d’assaut, peuvent rendre nerveux en cas de batterie faible, car les microcitadines sont parfois incompatibles avec la charge rapide.


Bilan utilisateur : confort, équipement, habitabilité


L’électrique rime-t-elle avec austérité ? Pour la Citroën Ami, le confort est spartiate : deux sièges côte à côte, pas de climatisation, vitres "type 2CV", coffre minimaliste et plastiques basiques. En revanche, le design acidulé (personnalisation poussée), la simplicité (une pédale, une marche avant, une marche arrière), font oublier le côté low cost pour peu qu’on goûte à l’esprit "mobilité douce".
La Fiat 500e, mieux équipée, offre sièges réglables, connectivité (Apple CarPlay/Android Auto), clim automatique et finitions franchement valorisantes. Attention toutefois à l’espace à bord : parfait pour un couple ou un adulte et un enfant, mais plus restrictif pour partir à plusieurs ou transporter des objets encombrants.
Manœuvres, parking souterrain : c’est un régal. Seule ombre au tableau : l’absence de vraie banquette arrière sur certains modèles limite les usages familiaux.


Budget à l’achat : réalité du coût d’accès et économies potentielles


La guerre des prix fait rage. La Citroën Ami démarre à 7 990 €, la Fiat 500e à 19 990 € (hors bonus), d’autres modèles (Microlino, Silence S04…) s’intercalent entre 10 et 17 000 €. À l’usage, il faut ajouter coût de la carte grise (souvent réduite ou nulle), assurance (parfois 40 % moins chère qu’une citadine essence), entretien (quasi nul) et bien sûr l’électricité.
L’atout majeur reste la possibilité de louer sa microcitadine, à partir de 20 €/mois pour une Ami (hors apport et sous conditions), ce qui démocratise l’accès à l’électrique pour les jeunes, les seniors ou les familles qui cherchent un « 2⋅ème véhicule » économique pour la ville.
À savoir : les aides locales et nationales (bonus écologique, prime à la conversion) restent parfois accessibles, notamment pour les vrais véhicules électriques homologués voitures (et non quadricycles lourds).


Environnement, Crit’Air et accès en zones à faibles émissions


Crit’Air 0 oblige, toutes les microcitadines électriques peuvent circuler dans 100 % des zones à faibles émissions (ZFE), au cœur des grandes villes françaises (Paris, Lyon, Grenoble, etc.). Ce passe-droit se révèle crucial à court et moyen terme, alors que les restrictions sur les véhicules thermiques vont s’intensifier.
Ajoutez à cela les avantages de stationnement pour les électriques dans de nombreuses métropoles (stationnement gratuit, bornes dédiées, réservations faciles), et la microcitadine électrique prend l’ascendant – du moins sur ce point.
Bonus : la discrétion sonore et l’absence de pollution locale rendent ces véhicules parfaitement adaptés aux trajets scolaires, petits déplacements associatifs, missions de proximité… où la voiture traditionnelle serait surdimensionnée.


Freins et limites : ce qui pourrait déconcerter (ou décevoir)


  • Polyvalence limitée : oubliez l’autoroute (interdite pour certains modèles), les vacances à la campagne ou le transport d’objets volumineux.
  • Sécurité et prestations : les microcitadines "quadricycles lourds" offrent une sécurité passive moindre qu’une citadine standard (pas d’airbags, freinage basique).
  • Recharge sur bornes publiques : certains modèles ne prennent que la prise domestique : la recharge peut alors prendre 4 à 8 heures sur une simple prise 220 V.
  • Image sociale : la petite voiture 100 % électrique suscite encore quelques sourires ou condescendance sur la route… mais cela évolue rapidement !

Focus : à qui s’adresse vraiment la microcitadine électrique ?


Ce type de véhicule cible idéalement :

  • Les actifs urbains (salariés, indépendants, étudiants) habitant à moins de 30 km de leur travail
  • Les jeunes conducteurs, y compris ceux sans permis B (modèles limités à 45 km/h)
  • Les familles désirant un "2e véhicule" propre et économique
  • Les retraités et seniors pour la mobilité de proximité
  • Les entreprises ou auto-entrepreneurs en livraison urbaine, car la fiscalité et le branding y sont très favorables

Questions fréquentes et conseils avant de franchir le pas


  • La microcitadine est-elle adaptée au périurbain ou à la campagne ?
    Non, sauf usage ultra-local, en raison de l’autonomie et de la vitesse limitée.
  • Puis-je charger ma voiture sur une simple prise domestique ?
    Oui souvent, mais prévoyez 4 à 8 heures pour une pleine charge : l’idéal reste la prise renforcée ou la Wallbox si possible.
  • Quid des aides à l’achat ?
    Vérifiez le statut du modèle (homologation "voiture" vs "quadricycle") pour bénéficier d’un bonus national/métropolitain ; attention, les quadricycles lourds (Ami, Silence S04…) sont parfois exclus des aides plein tarif.
  • Quel entretien prévoir ?
    Changements de pneus, vérification des freins, état des batteries : rien de bien sorcier. Les révisions s’espacent, et les coûts sont minimes face à une citadine thermique classique.

En conclusion : la microcitadine électrique, parfaite alliée de la ville, mais pas sans compromis


Le quotidien d'un automobiliste urbain se trouve bouleversé – pour le meilleur – par l’adoption d’une microcitadine électrique. À condition d’accepter ses limites et de jouer le jeu de la mobilité urbaine douce, il est possible de réaliser de grandes économies, de faciliter son stationnement et de contribuer, à son échelle, à la réduction de la pollution locale.

Reste encore à démocratiser l’accès à la recharge, favoriser la polyvalence et à convaincre ceux qui doutent… Mais une chose est sûre : la petite voiture électrique est appelée à devenir la norme pour les trajets urbains de demain.

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