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Comment financer son permis de conduire : dispositifs et aides disponibles

Par Maxime
6 minutes

Passer le permis de conduire sans se ruiner : état des lieux des solutions de financement

Obtenir le permis de conduire représente pour beaucoup une étape incontournable vers davantage d'autonomie, l'accès à l'emploi ou simplement une nouvelle liberté au quotidien. Mais au-delà de l'examen, c'est bien le financement de la formation qui inquiète nombre de candidats : entre la location du livret, les heures de conduite, l'inscription à l'auto-école, les frais d'examen et parfois la nécessité de repasser une ou plusieurs fois, le coût total peut dépasser 1 500 €, voire bien plus dans certains cas.


Bonne nouvelle : il existe aujourd'hui de nombreux dispositifs d'aide pour alléger la facture. Ces derniers s'adressent à différents profils : jeunes, demandeurs d'emploi, apprentis, personnes en situation de handicap ou encore salariés en reconversion. Tour d'horizon des solutions existantes, de leur fonctionnement pratique et des conseils pour mettre toutes les chances de son côté.

Combien coûte réellement le permis en 2024 ?

Le coût moyen d’un permis de conduire (catégorie B) en France oscille aujourd’hui entre 1 500 et 2 000 €, mais cette fourchette varie énormément selon les régions, la réputation ou la méthode de l’auto-école, le nombre d’heures de conduite nécessaires (le minimum légal est de 20, la moyenne est plutôt de 30), et le nombre de présentations à l’examen.


À cela peuvent s’ajouter : le code, les frais d’accompagnement, d’éventuelles heures de perfectionnement, voire des droits supplémentaires si l’on opte pour une boîte automatique ou l’accès accéléré.

Les aides de l’État : des solutions pour tous

Le Permis à 1 €/jour

Créé spécialement pour les jeunes de 15 à 25 ans (inclus), ce dispositif permet de souscrire un prêt à taux zéro, pris en charge par l’État, pour financer toute la formation au permis.
Fonctionnement :

  • Prêt d’un montant de 600 €, 800 €, 1 000 € ou 1 200 €, accordé par des banques partenaires (BNP Paribas, Banque Populaire, Crédit Mutuel…).
  • Remboursement par mensualités de 30 € maximum (soit 1 €/jour) sur une période de 20 à 40 mois.
  • Aucune condition de ressource n’est exigée, mais la souscription d’un co-emprunteur pour les mineurs est obligatoire.
  • L’auto-école doit obligatoirement être labellisée « permis à 1 €/jour ».

Bon à savoir : le prêt peut servir aussi à financer un second passage d’examen ou à convertir une formation boîte automatique en boîte manuelle.

L’aide au permis pour les apprentis

Depuis 2019, les apprentis majeurs (au moins 18 ans), inscrits dans un CFA (Centre de Formation d’Apprentis), peuvent bénéficier d’une aide directe de 500 € pour passer leur permis B.
Conditions :

  • Tous les apprentis de plus de 18 ans sont éligibles, sans condition de ressources ni de niveau de formation.
  • La demande s’effectue auprès du CFA, sur présentation d’une facture ou d’un devis de l’auto-école.
  • Aide cumulable avec d’autres dispositifs.

Aides des conseils régionaux et des collectivités locales

Dans de nombreuses régions et départements, des aides spécifiques au financement du permis visent les jeunes, les étudiants, les personnes inscrites dans un parcours d’insertion (emploi ou social), ou les bénéficiaires du RSA. Le montant, les conditions et la forme peuvent varier :

  • Chèque permis (100 à 1 200 €),
  • Prêt d’honneur remboursable sans intérêt,
  • Accompagnement conditionné à un engagement bénévole (volontariat, heures associatives),
  • Financement partiel ou total des heures de conduite ou du passage du code.

Pour connaître les solutions locales, consultez le site du Conseil régional, du département ou votre mission locale.

Le permis et l’emploi : Pôle Emploi, CPF et autres opportunités

L’aide au permis de Pôle emploi

Les demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi peuvent, sous certaines conditions, bénéficier d’une aide pouvant atteindre 1 200 € pour financer leur permis de conduire.

  • Être inscrit depuis plusieurs mois et avoir justifié son besoin (absence de transport en commun, obligation pour un emploi…).
  • L’aide est versée directement à l’auto-école agréée.
  • Il s’agit d’un dispositif attribué au cas par cas, après entretien avec son conseiller.
  • Aide compatible avec le permis à 1 €/jour, non cumulable avec d’autres aides d’État.

Le permis et le Compte Personnel de Formation (CPF)

Bonne nouvelle : depuis 2017, il est possible d’utiliser son CPF (anciennement « DIF ») pour financer tout ou partie de son permis B. Cette solution s’adresse aussi bien aux salariés qu’aux demandeurs d’emploi, sous réserve que le permis soit nécessaire pour sécuriser ou accéder à un emploi.
Comment procéder ?

  • Se connecter à MonCompteFormation.gouv.fr et rechercher une auto-école agréée CPF.
  • Simuler la prise en charge en fonction des droits disponibles (1 heure = 15 € environ), selon le montant cumulé (plafonné à 5 000 €).
  • Monter le dossier et valider avec l’employeur (pour les salariés).
  • L’auto-école doit être certifiée « Qualiopi ».

Important : le CPF n’est accessible qu’aux formations traditionnelles ou à la conduite supervisée, hors conduite accompagnée (pour les mineurs).

D’autres possibilités d’aide et astuces complémentaires

Bourses et soutiens associatifs

Certaines associations, fondations et missions locales attribuent des bourses au permis à destination des jeunes en difficulté, des personnes en parcours d’insertion, ou dans le cadre d’un projet professionnel défini. Les critères d’attribution dépendent souvent des ressources du foyer, du projet présenté ou de l’engagement bénévole du candidat.

  • Le Secours Catholique, la Fondation de France ou encore l’APAJH sont des exemples de structures impliquées.
  • Se tourner également vers les CCAS (Centres communaux d’action sociale) pour des aides ponctuelles ou de l’accompagnement (prise en charge de quelques heures de conduite ou paiement de l’examen).

Le microcrédit social

Pour les personnes exclues du système bancaire classique, il existe des solutions de microcrédit personnel (jusqu’à 8 000 €, remboursables sur 5 ans) qui permettent de financer le permis avec l’aide d’une association ou d’un référent social (CAF, Pôle emploi, associations caritatives, etc.).
L’intérêt : taux d’intérêt limité (autour de 4 %), accompagnement personnalisé et prise en charge possible des dépassements s’il y a des difficultés.

Cas particuliers : personnes en situation de handicap

Les personnes reconnues en situation de handicap peuvent solliciter la Prestation de Compensation du Handicap (PCH), ou un Fonds de Compensation via la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH) pour participer financièrement à l’acquisition du permis et, le cas échéant, à l’adaptation du véhicule.

  • Aide à la formation, versement direct à l’auto-école, financement des heures supplémentaires en cas de besoin spécifique.
  • En cas d’insertion professionnelle, l’Agefiph peut aussi intervenir.

Astuces pour maîtriser le budget permis

  • Comparer le coût global dans plusieurs auto-écoles (taux de réussite, nombre d’heures moyen, tarifs des heures supplémentaires, location du véhicule pour l’examen…).
  • Privilégier la conduite accompagnée pour les jeunes : réussite plus rapide, coût final souvent inférieur.
  • Opter pour la conduite supervisée pour les adultes, offrant plus de souplesse dans l’apprentissage.
  • Bien préparer le code en amont (applications, plateformes en ligne, etc.) pour limiter les éventuelles nécessités de repasser l’examen.
  • Anticiper le budget “après-permis” : coût de l’assurance jeune conducteur, achat ou location du véhicule, etc.

Questions fréquentes autour du permis et des aides financières

  • Peut-on cumuler plusieurs aides ?
    Oui, certaines aides sont cumulables (ex : apprentis + permis à 1 €/jour + bourse locale). Il convient néanmoins de vérifier les règlements propres à chaque dispositif.
  • Peut-on utiliser son CPF si on est déjà salarié ?
    Oui, sous réserve que le besoin du permis soit en cohérence avec le métier exercé ou recherché, et que l’auto-école soit agréée.
  • Existe-t-il des sites ou simulateurs pour évaluer toutes les aides disponibles ?
    Le site www.service-public.fr propose un panorama détaillé. Beaucoup de missions locales et plateformes régionales disposent aussi de simulateurs.
  • Quelles sont les démarches pour obtenir une aide ?
    Prendre contact avec l’auto-école, constituer une demande (devis, pièces justificatives), et déposer son dossier auprès de l'organisme concerné (banque, conseil régional, mission locale, CFA, etc.).
  • Peut-on financer une formation boîte automatique avec ces aides ?
    Oui, la plupart des dispositifs couvrent aussi bien la formation en boîte manuelle qu’automatique.

En résumé : à chaque situation son aide… à saisir tôt !

Financer son permis de conduire n’est plus aujourd’hui un parcours du combattant. Le cumul des dispositifs nationaux et locaux permet, pour tous (jeunes, demandeurs d’emploi, apprentis, salariés, personnes en situation de handicap…) d’alléger très significativement la facture et de gagner en autonomie. Le mot d’ordre : s’informer en amont, oser demander, présenter clairement son projet et déposer les dossiers tôt car certains dispositifs, soumis à enveloppe annuelle, peuvent être rapidement saturés.

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