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Le point sur le permis à points : fonctionnement et astuces

Par Maxime
5 minutes

Comprendre le permis à points : historique et fonctionnement général

Depuis son entrée en vigueur en juillet 1992, le permis à points s’est imposé comme un pilier de la sécurité routière française. Il fait aujourd’hui partie du quotidien de tous les conducteurs, mais ses subtilités peuvent prêter à confusion. À l’origine, le système visaient à responsabiliser et à lutter contre la récidive en matière d’infractions au volant.
Chaque permis de conduire est ainsi doté d’un capital de points, dont la diminution sanctionne les fautes de conduite. L’objectif ? Amener chaque automobiliste à adopter un comportement responsable, sous peine de se retrouver privé du droit de circuler.


Points, infractions, retrait : comment ça marche concrètement ?

Un permis de conduire délivré en France dispose d’un capital maximal de 12 points, sauf pour les jeunes conducteurs, qui commencent avec un « permis probatoire » plafonné à 6 points.
À chaque infraction constatée, un nombre de points prédéfini est retiré selon la gravité des faits. L'échelle va de la simple contravention (1 point pour un téléphone tenu en main, par exemple) à des délits beaucoup plus graves pouvant coûter jusqu'à 6 points d’un coup (conduite en état d’ivresse, grand excès de vitesse, conduite sous stupéfiants, refus d’obtempérer, etc.).
Lorsque le total atteint zéro, le permis devient invalide : le droit de conduire est suspendu, et l’automobiliste doit attendre six mois puis repasser les épreuves du permis.


Permis probatoire : les règles spécifiques aux jeunes conducteurs

Pour les novices, la période probatoire (qui dure trois ans, ou deux ans pour ceux qui ont suivi la conduite accompagnée) impose une vigilance renforcée. Le capital s’élève à 6 points au départ, puis il augmente automatiquement chaque année sans infraction jusqu’à atteindre 12 points en fin de parcours.
À la moindre infraction ayant entraîné un retrait de 3 points ou plus, le stage de sensibilisation à la sécurité routière devient obligatoire pour conserver le droit de circuler, ce qui souligne l’importance de la prudence durant cette période.


Combien de points retire-t-on ? Tableau récapitulatif des principales pertes

  • 1 point : Excès de vitesse inférieur à 20 km/h, téléphone tenu en main.
  • 2 points : Excès de vitesse entre 20 et 29 km/h au-dessus de la limite.
  • 3 points : Non-respect d’un feu rouge, d’un stop, dépassement dangereux, circulation sur une bande d’arrêt d’urgence.
  • 4 points : Excès de vitesse entre 40 et 49 km/h, conduite après usage de stupéfiants (sans infraction parallèle).
  • 6 points : Excès de vitesse de 50 km/h ou plus, conduite en état d’ivresse, délit de fuite, récidive de conduite sous stupéfiants.

Attention, il est possible (en cumulant les infractions lors d’un même contrôle) de se faire retirer jusqu’à 8 points en une seule fois.


Récupérer ses points : tout ce qu’il faut savoir

L’une des spécificités du permis à points réside dans la possibilité de récupérer ces précieux points. Il existe trois scénarios principaux :

  • La récupération automatique
    Si aucune infraction punie de retrait de points n’est commise pendant une période continue (6 mois, 2 ans ou 3 ans en fonction de la gravité des infractions), le capital remonte à 12 points, ou à 6 pour les permisc probatoires non achevés.
  • Le stage de récupération de points
    Il est possible, maximum une fois par an, de participer volontairement à un stage de sensibilisation à la sécurité routière. Ce stage permet de regagner 4 points, dans la limite du plafond de points du permis.
  • L’amnistie partielle
    Certains délits anciens ou faiblement sanctionnés voient leur retrait de points supprimer après une longue période « blanche » sans infraction (voir plus bas pour les délais).

Délais pour récupérer ses points automatiquement

  • 6 mois : pour les infractions entraînant la perte d’1 point, si aucune nouvelle infraction n’a été commise entre temps.
  • 2 ans : pour la plupart des contraventions de classe 2 et 3 (ex : feux rouges, petite vitesse), sans infraction supplémentaire.
  • 3 ans : pour les délits ou infractions de classe 4 ou 5 (alcool, gros excès de vitesse…), à condition de n’avoir commis aucun autre retrait de points.

Gérer au mieux son capital points : les réflexes à adopter

Perdre des points peut arriver à tout conducteur, mais éviter l’invalidation du permis passe par quelques bonnes pratiques :

  • Consultez régulièrement votre solde de points sur le site telepoints.info.gouv.fr (service gratuit avec numéro de dossier du permis).
  • En cas de retrait de points important, anticipez en participant à un stage dès que possible, surtout si votre solde devient faible.
  • Évitez d’accumuler plusieurs amendes simultanées : contestez si possible les infractions douteuses, réglez vos amendes rapidement pour éviter les délais ou majorations.
  • Soyez particulièrement vigilant pendant les périodes de « faiblesse » (permis probatoire ou solde de moins de 6 points).

Stages de récupération : mode d’emploi

Le stage dure généralement deux jours et se déroule dans un centre agréé. Ouvert à tous les conducteurs ayant perdu des points, il ne permet pas de dépasser le maximum légal de points, mais reste le seul moyen accéléré de « regonfler » son capital avant une suspension ou invalidation.
Ce stage devient obligatoire pour les jeunes conducteurs après une infraction retirant 3 points ou plus pendant la période probatoire.


Pièges courants et idées reçues

  • « Je ne peux pas perdre mon permis sur une seule infraction » : Faux. Un excès de vitesse majeur ou une conduite sous alcool stupéfiants peut vous faire perdre jusqu’à 6 points.
  • « Je ne suis pas informé des pertes de points » : En général, toute perte de points est notifiée par courrier recommandé adressé au domicile déclaré par l’automobiliste. Vérifiez l’adresse liée à votre permis.
  • « Les points reviennent automatiquement chaque année » : Seule l’absence d’infraction pendant les bons délais permet une restauration automatique.

Questions fréquentes sur le permis à points

  • Combien de points puis-je perdre en une fois ?
    Jusqu’à 8 points maximum si plusieurs infractions sont commises en même temps.
  • Peut-on regagner tous ses points avec un seul stage ?
    Non, le stage ne permet de récupérer que 4 points, une seule fois par an.
  • Que faire si j’arrive à zéro point ?
    Votre permis est invalidé pour 6 mois, après quoi vous devrez repasser les épreuves (théorie et au moins la conduite si expérimenté, toutes les épreuves en cas de permis probatoire).
  • L’assurance peut-elle vérifier mon solde de points ?
    Non, seules les forces de l’ordre ou la préfecture ont accès à ce renseignement, mais une suspension ou invalidation de permis peut être un motif de résiliation du contrat.
  • Une infraction commise à l’étranger affecte-t-elle mes points ?
    Non, seule une infraction commise en France ou dans certains pays ayant un accord avec la France (ex : Belgique) peut entraîner un retrait de points.

Conseils finaux pour rouler sans stresser

Le système à points, parfois assorti d’une réputation stricte, s’avère avant tout un outil pédagogique pour responsabiliser les usagers de la route. Gérer son capital points n’est pas si compliqué : informez-vous, adoptez une conduite souple et respectueuse, et réagissez rapidement en cas de perte importante.
Parents, jeunes conducteurs ou automobilistes chevronnés : prenez l’habitude de surveiller votre solde, et, au besoin, n’hésitez pas à suivre un stage de sensibilisation, même à titre préventif.
Pour aller plus loin, consultez nos guides pratiques, forums d’entraide et simulateur d’infractions sur www.parentsautop.com.

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