Sécurité routière

Les angles morts : comprendre et s’en prémunir pour une conduite plus sûre

Par Maxime
6 minutes

Tour d’horizon des zones invisibles : l’angle mort à la loupe

Dans la conduite quotidienne, un danger subtile mais bien réel menace sur chaque portion de route : l’angle mort. Il s’agit de ces zones invisibles dans lesquelles un autre usager de la route (voiture, deux-roues, piéton) peut aisément échapper à votre regard, même avec une vigilance maximale. Les conséquences sont parfois dramatiques, notamment lors des changements de direction, de file ou d’ouverture de portière. Mieux comprendre ce phénomène vous aidera à renforcer votre sécurité et celle des autres.


Définition : qu’est-ce qu’un angle mort ?

L’angle mort désigne la zone non visible dans les rétroviseurs latéraux ou intérieur, ni par simple coup d’œil direct. Même les conducteurs les plus expérimentés y sont exposés : il résulte du design du véhicule (montants, répartition des vitres, positionnement des rétroviseurs) et de la position de conduite. Sa taille et sa forme varient considérablement selon le type de véhicule (citadine, SUV, poids lourd, bus…).


Si les technologies modernes multiplient les aides (détecteurs d’angle mort, caméras), aucun dispositif n’est infaillible. La prévention humaine demeure donc centrale.


Pourquoi les angles morts sont-ils dangereux ?

  • Invisible, donc imprévisible : un véhicule ou un cycliste dans l’angle mort n’apparaît pas sur vos rétroviseurs. Vous pouvez donc manœuvrer sans vous douter qu’il s’y trouve, provoquant une collision latérale.
  • Multiplicité des situations : le risque d’angle mort survient surtout lors des changements de file, dépassements, démarrages, croisements, ouverture de portière, ou encore en stationnement.
  • Vulnérabilité accrue de certains usagers : motos, scooters, vélos et trottinettes électriques sont particulièrement exposées à ce risque à cause de leur faible gabarit.

Où se situent les angles morts ? Zoom sur chaque type de véhicule

Pour les voitures légères :

  • Sur les côtés, juste en arrière des épaules du conducteur (non visibles dans les rétroviseurs extérieurs).
  • À l’arrière, dans l’axe central, notamment dans les break avec appuis-têtes ou objets masquant la lunette arrière.
  • À l’avant, sous la ligne de capot, ce qui peut occulter un piéton ou un enfant.

Pour les SUV et utilitaires :

  • Angles morts étendus à cause de la garde au sol élevée et des montants plus épais.
  • Zonage arrière plus large si la visibilité via le rétroviseur central est limitée par les équipements ou le chargement.

Pour les poids lourds et bus :

  • Très vastes angles morts sur les flancs (même avec plusieurs rétroviseurs)
  • Zone juste devant le pare-choc invisible depuis la cabine (notamment à l’arrêt).
  • Angles morts derrière le véhicule, dus aux carrosseries longues ou à l’absence de lunette arrière.

Chaque véhicule doit donc être appréhendé avec ses propres faiblesses et l’attention portée aux angles morts doit s’adapter en fonction de lui et de l’environnement.


Les situations à risque et les conséquences

De nombreux incidents peuvent être évités en identifiant les situations typiques :

  • Changement de file : une voiture ou un deux-roues que vous ne voyez pas dans votre angle mort sera percuté si vous déboîtez subitement.
  • Porte qui s’ouvre : les cyclistes sont fréquemment victimes d’« emportiérage » : une portière ouverte dans l’angle mort cause une collision brutale.
  • Rond-points : difficile d’anticiper la présence d’un usager arrivant par le flanc droit ou gauche, hors champ visuel.
  • Dépassement par la droite, très courant en ville : un cycliste ou une moto profitant d’un embouteillage surgit dans la zone invisible lors du redémarrage.
  • Stationnement et marche arrière : la visibilité réduite multiplie les angles morts, surtout sur les gros véhicules ou si la vitre arrière est encrassée.

Les bonnes pratiques pour se prémunir des angles morts

  1. Régler correctement ses rétroviseurs
    Le réglage des rétroviseurs est le premier rempart. Les miroirs extérieurs doivent être ouverts au maximum vers l’extérieur du véhicule, jusqu’à ce que la carrosserie ne soit plus qu’à peine visible, afin de minimiser le recouvrement avec le rétroviseur central.
  2. Adopter le réflexe du « coup d’œil »
    Même avec les meilleurs réglages, un petit mouvement de la tête pour vérifier la présence d’un usager dans l’angle mort, avant chaque manœuvre latérale, est impératif.
  3. S’attendre à l’imprévu
    Anticipez qu’à tout moment, un deux-roues ou un piéton peut surgir là où vous ne le voyez pas immédiatement. Cela permet d’ajuster sa vitesse et de reporter une manœuvre risquée.
  4. Évitez les manœuvres brusques
    Utilisez systématiquement le clignotant pour annoncer toute action. Cela laisse le temps aux usagers éventuellement situés dans votre angle mort de réagir.
  5. Ne jamais se fier uniquement à la technologie
    Caméras et alertes électroniques sont de bons compléments, mais l’œil humain reste indispensable pour détecter l’imprévu (usager imprudent, cycliste mal positionné, détection électronique prise en défaut, etc.).
  6. Vérifier avant d’ouvrir sa portière
    Adoptez la technique dite de la « poignée hollandaise » : ouvrez la portière du côté opposé à celui de votre main (main droite pour la portière gauche). Ce mouvement oblige le tronc à pivoter, forçant ainsi un regard vers l’arrière et réduisant les risques d’emportiérage.

Focus sur les autres usagers : cyclistes, deux-roues et piétons

En ville comme sur route, cyclistes, piétons, scooters et motos sont les plus exposés. Voici quelques conseils pour eux :

  • Rester hors des angles morts des camions et bus lors des arrêts ou redémarrages, même si une bande cyclable existe.
  • Se mettre à la vue des rétroviseurs du conducteur lors des arrêts au feu ou au croisement.
  • Multiplier les signaux visuels (bras tendu, regard, vêtements réfléchissants) afin d’alerter le conducteur de votre présence.
  • Prévoir que l’automobiliste n’a peut-être pas anticipé votre manœuvre.

De nombreuses campagnes de prévention rappellent qu’un simple gilet ou accessoire fluorescent réduit considérablement les risques en attirant l’attention dans la pénombre ou la pluie.


Les systèmes anti-angle mort : quelle efficacité ?

De plus en plus de véhicules, même de gamme intermédiaire, proposent un système de détection d’angle mort. Il s’agit généralement d’un voyant intégré dans le rétroviseur qui s’allume ou clignote si un objet est en approche dans la zone à risque. Certains modèles ajoutent une vibration dans le volant ou un signal sonore en cas de clignotant activé.


Limites : ces systèmes dépendent de capteurs parfois sensibles aux conditions météo, à la saleté ou à la configuration du trafic. Ils ne remplacent en rien la double vérification manuelle et ne perçoivent pas toujours les usagers les plus fins (trottinette, vélo…).


En complément, certaines flottes professionnelles installent des caméras de recul et des rétroviseurs additionnels, en particulier sur poids lourds et bus urbains.


Conséquences légales : sanctions et responsabilités

Négliger la vérification de ses angles morts peut coûter cher : en cas d’accident dû à un défaut d’attention (changement de file, ouverture de portière sans contrôle, etc.), l’assurance retient une responsabilité accrue.

  • Amende forfaitaire pour changement de direction sans précaution : 35 € à 135 €.
  • Retrait de points du permis selon la gravité de la faute (notamment en cas d’accident corporel).
  • Engagement pénal possible en cas de blessure grave voire d’homicide involontaire si un usager « invisible » est gravement touché.

FAQ : tout savoir sur les angles morts

  • Puis-je supprimer totalement les angles morts ?
    Non, ils peuvent être fortement réduits par le bon réglage des rétroviseurs, l’ajout d’accessoires (miroirs convexes) et une vigilance accrue, mais jamais éliminés à 100%.
  • Quels modèles sont les plus exposés ?
    SUV, utilitaires, fourgons, camions et bus, par leur hauteur et l’opacité de leur structure, créent des angles morts importants. Les véhicules anciens sans rétroviseur passager en sont également affectés.
  • Comment éduquer mes enfants face à ce risque ?
    Apprenez-leur à établir le contact visuel avec le conducteur avant de traverser devant ou derrière un véhicule. Rappel : évitez de jouer autour des parkings ou véhicules en manœuvre.

Récapitulatif : les bons réflexes sauvent des vies

Se prémunir des angles morts demande plus qu’une simple routine au volant. Il s’agit d’une vigilance active : regardez, réfléchissez, anticipez et ne faites jamais confiance aux apparences. Un geste, un coup d’œil, un signal précurseur, peuvent éviter l’irréparable dans tous les contextes, qu’il s’agisse de changer de voie ou tout simplement d’ouvrir une portière.


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