Sécurité routière

Téléphone au volant : quels risques, quelles solutions ?

Par Maxime
6 minutes

Un usage trop courant, mais des conséquences bien réelles

Il suffit de regarder autour de soi dans les bouchons ou à un feu rouge : téléphone en main, oreillette à l’oreille ou messages tapotés à la hâte, le mobile s’est invité dans l’habitacle. Pourtant, l’utilisation du téléphone au volant fait partie des comportements les plus risqués sur la route. Selon la Sécurité routière, près d’un accident corporel sur dix est lié à une distraction, et le smartphone en est la principale cause.


Pourquoi le téléphone distrait-il autant au volant ?

Le problème ne se limite pas seulement à la perte de contrôle d’une main sur le volant. L’attention du conducteur est monopolisée par l’écran ou la conversation, ce qui allonge les temps de réaction et multiplie les erreurs d’inattention. Les études montrent ainsi qu’un conducteur qui téléphone au volant a un risque d’accident multiplié par trois, et que le simple fait de lire un message multiplie ce risque par 23 !
Même l’utilisation des kits mains libres ne supprime ni la perte de concentration, ni le « tunnel attentionnel », ce phénomène où l’on ne focalise plus que sur l’échange et non sur la route.


Ce que dit la loi en France

Depuis plusieurs années, le Code de la route s’est durci face à la multiplication des comportements à risque. Il est ainsi interdit :

  • de tenir en main un téléphone en conduisant, même à l’arrêt (hors moteur coupé et stationnement effectif)
  • d’utiliser des oreillettes, écouteurs ou casques audio, sauf dispositifs intra-auriculaires pour personnes malentendantes

L’interdiction concerne donc la tenue, la lecture ou l’envoi de messages, l’utilisation d’une application, la navigation sur internet, etc.
En cas de contrôle, l’infraction entraîne :

  • une amende forfaitaire de 135 €
  • le retrait de 3 points sur le permis de conduire

Depuis mai 2020, la sanction peut s’aggraver : en cas de cumul avec une autre infraction (feu grillé, non-respect d’une priorité...), l’agent peut procéder à la rétention immédiate du permis. Un signal fort face à une cause croissante d’accidents !


Quels sont les risques concrets sur la route ?


  • Allongement du temps de réaction : Un appel ou l’écriture d’un sms détournent l’attention, avec en moyenne +30% de temps pour réagir à un danger.
  • Défaut de maîtrise du véhicule : Roues sur la ligne blanche, oublis d’indicateur, mauvaise appréciation de la vitesse ou de la distance avec les autres usagers.
  • Non-perception des dangers : Le conducteur « zappe » panneaux, piétons, cyclistes… Un message de 5 secondes équivaut à 70 mètres parcourus les yeux rivés sur l’écran à 50 km/h !
  • Accidents responsables : Les chiffres montrent une surreprésentation des collisions et sorties de route dans les cas d’utilisation du téléphone.

Le risque est accru pour tous les publics, mais particulièrement chez les conducteurs novices et professionnels, souvent plus sollicités pour rester connectés. Par ailleurs, la fatigue ou la conduite de nuit accentuent encore les effets négatifs du téléphone sur la vigilance.


Quels types de téléphone sont concernés ?

Tous, sans exception : portable classique, smartphone, tablette… Qu’il s’agisse de passer un appel, d’écouter un message, d’utiliser un GPS (non intégré), de publier sur les réseaux sociaux ou de prendre une photo, l’utilisation manuelle est toujours interdite.
Certaines applications signalant les radars, la circulation ou proposant la « navigation intelligente » sont aussi formellement prohibées si elles détournent l’attention ou servent à se soustraire à une infraction.


Légendes et idées reçues : ce qui est (vraiment) autorisé ou non

  • Mains libres autorisé ? Oui… mais à condition d’utiliser l’intégration Bluetooth d’origine du véhicule, sans oreillettes ou casque audio, et que l’interface ne nécessite aucunement de manipuler le smartphone en roulant.
  • Arrêt au feu rouge : Non, le véhicule n’est que « immobilisé », pas « stationné ». L’usage reste sanctionnable.
  • Utiliser le GPS du téléphone : Possible seulement si celui-ci est fixé sur un support dédié, et qu’aucune manipulation tactile n’est requise en roulant.
  • Ecouteurs pour la musique : Strictement interdit, comme les appels (sauf prescription médicale ou appareil auditif).

Solutions pratiques : comment rester connecté sans se mettre en danger ?

Sans tomber dans l’angélisme, concilier vie connectée et sécurité routière est possible à condition de ritualiser l’usage du téléphone.


Préparer son trajet et activer le mode « conducteur »

  • Avant de partir : Renseignez votre itinéraire, lancez vos playlists et activez le mode « ne pas déranger » sur Android/iOS/Carplay antérieur au démarrage.
  • Privilégiez les applications dédiées à la conduite : Certaines interfacent notifications et appels en les filtrant, désactivent la saisie de messages ou lisent en audio les notifications importantes (fonctionnalité « Android Auto » ou « Carplay »).

Faire des pauses régulières

Profitez des arrêts (aire de repos, parking sécurisé) pour consulter vos messages ou rappeler vos interlocuteurs. Sur autoroute, il est préférable de s’arrêter toutes les deux heures en tout état de cause, téléphone ou non.


Limiter la tentation avec des accessoires adaptés

  • Support fixé : Installez un support homologué bien en vue pour les rares cas où le GPS du téléphone s’avère indispensable (sans oublier l’interdiction de manipuler l’appareil en roulant).
  • Bluetooth compatible constructeur : Utilisez en priorité le système d’infotainment du véhicule pour passer ou recevoir un appel sans toucher le mobile. La quasi-totalité des modèles récents en est équipée (intégration Android Auto / Apple Carplay ou Bluetooth natif).

Accepter de ne pas être joignable à tout instant

Ce conseil, simple sur le papier, est le plus efficace. Renvoyez vos appels sur la messagerie, fixez dans vos communications professionnelles ou familiales les plages où vous êtes injoignable au volant. Mieux vaut prévenir un interlocuteur que risquer l’accident ou la sanction.


Cas d’école : comment les assureurs réagissent-ils ?

Au-delà de l’aspect légal et de la sécurité, le recours au téléphone au volant peut avoir un impact fort sur votre assurance auto. En cas d’accident responsable, si l’utilisation du mobile est constatée (procès-verbal police ou gendarmerie, prise de photo, témoignage, etc.), l’assureur peut appliquer une franchise aggravée, voire limiter son indemnisation (s’il y a non-respect du code de la route).
Dans certains cas extrêmes (récidive, sinistre majeur), la compagnie peut décider de résilier le contrat. À noter : en cas de blessure grave ou de décès, des poursuites pénales peuvent aussi être engagées pour mise en danger d’autrui.


Exemples concrets : accidents et sanctions

  • Julie, 23 ans, a eu un accrochage léger lors d’un ralentissement en zone urbaine. En consultant un message WhatsApp, elle n’a pas vu le véhicule devant elle marquer l’arrêt. Bilan : procès-verbal pour usage du téléphone, 3 points en moins et 135 € d’amende, mais surtout inscription d’un sinistre 100 % responsable à son dossier.
  • Paul, 45 ans, professionnel du transport, s’est vu suspendre son permis suite à un contrôle où deux infractions ont été cumulées : usage du téléphone et franchissement d’une ligne continue. Il a dû repasser un stage de récupération de points et s’acquitter de plus de 650 € de pénalités, indemnités non remboursées par sa compagnie d’assurance.
  • Lisa, 18 ans, jeune conductrice, a vu sa surprime majorée après deux infractions consécutives au téléphone en moins de six mois, impactant son budget d’assurance pour trois ans.

Questions fréquentes : le téléphone au volant en 7 points clés

  • Peut-on utiliser une montre connectée ? Non, dès lors qu’elle nécessite une interaction manuelle ou la consultation d’informations non liées à la conduite.
  • Et les enfants ou passagers peuvent-ils utiliser leur téléphone ? Oui, mais pas s’ils manipulent l’appareil devant le conducteur ou lui font lire un message.
  • Le risque d’accident est-il reconnu par la justice ? Oui, et l’utilisation du téléphone est de plus en plus retenue comme circonstance aggravante en cas d’incident.
  • Que risque un conducteur professionnel ? Outre la sanction administrative, il encourt aussi des poursuites au niveau de l’employeur pour manquement à la sécurité.
  • Un kit mains libres réduit-il vraiment tous les risques ? Non, il limite l’aspect pratique mais pas le risque d’inattention cognitive. Les études sont formelles : le danger reste présent.
  • Le contrôle vidéo-verbalisation s’applique-t-il au téléphone ? Oui, dans certaines agglomérations ou sur autoroute, caméras et radars peuvent sanctionner l’usage du téléphone détecté par l’image.
  • Peut-on contester une amende pour téléphone au volant ? C’est possible, mais très difficile, sauf cas d’usage médical ou d’exception dûment justifié par une preuve solide.

Synthèse et bonnes pratiques : allier mobilité et sécurité

Le téléphone au volant n’est pas qu’une simple question de règlement : c’est un enjeu majeur de sécurité routière, au même titre que l’alcool, la vitesse ou le non-port de la ceinture. Aucun message, aucune notification, aucun appel ne vaut la prise de risque pour soi et pour les autres usagers de la route. Mieux vaut organiser ses trajets, gérer sa disponibilité, et recourir aux outils technologiques avec intelligence.
Adapter ses habitudes de connexion, c’est protéger sa licence, son budget et, surtout, la vie de tous. Parents, automobilistes confirmés ou conducteurs novices, c’est le moment de bannir les mauvaises habitudes !


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