Sécurité routière

Usage des feux de croisement et de route : bonnes pratiques selon les circonstances

Par Maxime
6 minutes

Comprendre l’importance des feux de croisement et de route dans la sécurité routière

Une bonne visibilité est au cœur de la sécurité routière. Pourtant, l’usage des différents types d’éclairage automobile est trop souvent négligé, incompris ou mal appliqué au quotidien. Les feux de croisement et les feux de route sont loin de remplir le même rôle, et leur emploi approprié conditionne la sécurité de tous : automobilistes, cyclistes et piétons. Bien connaître les règles et adopter les bonnes pratiques, c’est déjà éviter bien des écueils et prendre soin des autres usagers. La rédaction de parentsautop.com vous aide à y voir plus clair, sans jeu de mots…


Feux de croisement : l’allié du quotidien dès que la lumière décline

Également appelés "codes", les feux de croisement sont conçus pour voir et être vu sans éblouir les autres. Ils constituent l’éclairage minimal obligatoire dans de nombreuses circonstances, même en pleine journée :


  • Dès la tombée du jour et jusqu’à son lever : c’est la réglementation de base, mais n’attendez pas la nuit noire pour les allumer. Dès que la lumière baisse (crépuscule, aube, pluie, neige, tunnels), les codes deviennent indispensables.
  • Par mauvaise visibilité diurne : temps pluvieux, brouillard léger, fortes chutes de neige nécessitent aussi l’utilisation des feux de croisement. Leur faisceau asymétrique éclaire la chaussée sans gêner les véhicules en face.
  • Sur routes étroites et sinueuses : même si l’éclairage public existe, leur portée permet d’anticiper obstacles ou animaux traversant la chaussée.
  • En agglomération la nuit : hors lieux particulièrement bien éclairés, il est prudent et légalement requis de garder les codes activés.
  • Sur autoroute en journée : obligatoire pour les deux-roues et de plus en plus conseillé pour tous, afin d’être vu de loin par des usagers qui s’apprêtent à changer de file ou entrer sur la voie rapide.

L’oubli ou la non-utilisation des feux de croisement constitue une infraction : une amende forfaitaire de 68 euros et un retrait de point peuvent s’appliquer.


Feux de route : gagner en visibilité, sans jamais devenir un danger

Les feux de route — ou "pleins phares" — donnent une puissance lumineuse bien supérieure, permettant d’éclairer la chaussée sur plus de 100 à 150 mètres. Ils sont toutefois interdits en cas de risque d’éblouissement d’autrui :


  • Utilisation la nuit hors agglomération, sur routes non éclairées : c’est là qu’ils prennent tout leur sens pour anticiper dangers, animaux ou obstacles à distance.
  • Jamais en croisant un véhicule, cycliste ou piéton : même loin, l’éblouissement peut se révéler extrêmement dangereux. Il convient alors de repasser immédiatement aux feux de croisement, dès que les phares de l’autre véhicule sont aperçus.
  • Si un véhicule vous précède : attention aussi à ne pas inonder de lumière ses rétroviseurs, ce qui gêne fortement le conducteur.
  • À l’entrée d’une agglomération ou dès que la route est éclairée : l’usage des feux de route n’a alors plus aucune justification.

Sur certaines voitures récentes, l’allumage automatique des feux de route adapte leur activation selon la présence de véhicules détectés. Une aide, mais jamais une garantie d’infaillibilité : la responsabilité du conducteur prime toujours.


Gérer efficacement le passage de l’un à l’autre : vigilance et anticipation

Savoir quand et comment alterner entre codes et pleins phares relève parfois de la gymnastique mentale. Plusieurs réflexes sont à cultiver :


  • Restez attentif aux lumières en approche ou de véhicules devant vous : soyez prêt à abaisser vos feux de route sans attendre, surtout dans les virages ou sur routes vallonnées.
  • Anticipez la sortie de virage : la silhouette d’un véhicule peut surgir tardivement ; dès le moindre doute, préférez repasser en feux de croisement avant que l’opposant n’arrive dans votre champ lumineux.
  • Pensez également aux piétons et cyclistes : même munis de gilets réfléchissants, ils sont très sensibles à l’éblouissement. Un bon réflexe : passer aux codes dès qu’une présence est possible, surtout en rase campagne.
  • Vérifiez le réglage de vos phares : des optiques mal alignées ou trop hautes, même en feux de croisement, peuvent éblouir involontairement.

Tout savoir sur les situations atypiques : tunnels, dépassements, feux additionnels

Certains contextes particuliers imposent une attention toute spéciale :


  • Tunnels : il est obligatoire d’allumer vos feux de croisement, même en plein jour. Les panneaux rappellent cette règle trop souvent oubliée.
  • Dépassement la nuit : si vous doublez un véhicule, concédez-lui quelques secondes sans le coller, puis repassez en pleins phares uniquement une fois totalement devant, sans risquer de le gêner dans ses rétroviseurs.
  • Brouillard et fortes pluies : ni feux de route (qui réfléchissent dans la brume et deviennent aveuglants), ni feux de position seuls. Utilisez toujours les feux de croisement, complétés le cas échéant par les antibrouillards adaptés.
  • Feux de jour/feux DRL (Daytime Running Lights) : mieux que rien mais insuffisants dans le brouillard ou par faible luminosité. Privilégiez toujours une commande manuelle réfléchie.

Éblouissement : un risque majeur à chaque instant

L’un des premiers dangers liés à la mauvaise gestion des feux de nuit reste l’éblouissement, dont les conséquences peuvent être désastreuses. Il suffit d’une fraction de seconde d’aveuglement pour rater un virage, manquer un obstacle ou provoquer un accident frontal. Quelques conseils pour protéger :


  • Ne fixez jamais une source lumineuse en face : portez le regard sur le côté droit de votre voie ou sur la bande blanche de sécurité.
  • Réduisez l’allure dès que vous sentez votre vue altérée, le temps de récupérer vos repères.
  • Ajustez l’inclinaison de votre rétroviseur intérieur (« mode nuit » ou "anti-éblouissement") pour filtrer les lumières gênantes venant de l’arrière.
  • Lavez régulièrement vos optiques (vitres, phares), car le dépôt de poussière intensifie les halos et la diffraction des lumières étrangères.

Enfin, en cas de croisement avec un véhicule à pleins phares oublieux, un bref appel de codes peut rappeler au conducteur sa faute – sauf si cela vous oblige à quitter les yeux de la route.


Entretien et réglages : la garantie d’un éclairage efficace… et non agressif

S’allumer au bon moment ne suffit pas : encore faut-il disposer de feux en bon état et correctement réglés.


  • Contrôlez le réglage de la hauteur notamment lors de chargement important du coffre ou de passagers à l’arrière : la plupart des modèles disposent d’une molette d’ajustement au tableau de bord.
  • Remplacez immédiatement toute lampe grillée : l’efficacité de l’éclairage s’en trouve considérablement réduite et l’asymétrie peut devenir gênante ou dangereuse pour autrui.
  • Optez pour des ampoules de qualité (halogène Premium, LED homologuées, etc.), en veillant à conserver la même intensité à gauche et à droite.
  • Faites contrôler le faisceau lors des entretiens périodiques ou après une intervention mécanique sur l’avant du véhicule.

Anticiper un contrôle technique est aussi un bon moyen pour prévenir les mauvaises surprises d’un réglage défectueux.


FAQ : les questions fréquentes sur l’usage des feux de croisement et de route

  • Puis-je utiliser les feux de route en ville la nuit si la chaussée est vide ?
    Non : l’éclairage urbain suffit, et tout croisement possible (véhicule, piéton, vélo) impose leur extinction immédiate.
  • Que faire si je croise quelqu’un qui oublie de couper ses pleins phares ?
    Restez calme, fixez la ligne droite et faites éventuellement un bref appel de codes sans excès.
  • Un carrefour éclairé par feux de circulation autorise-t-il l’usage des pleins phares ?
    Jamais : on doit passer aux feux de croisement dès que l’on s’apprête à franchir une intersection, pour éviter d’éblouir ou de gêner.
  • Test d’ampoules LED : puis-je moderniser mes feux de croisement ?
    Oui, sous condition de compatibilité et uniquement avec des modèles homologués (attention au refus au contrôle technique et aux défauts d’éblouissement involontaire).
  • Faut-il rouler feux allumés par tous temps ?
    C’est conseillé en journée (feux de croisement ou feux de jour). Mais obligatoire en cas de visibilité réduite.
  • Quelle sanction en cas de défaut d’utilisation ?
    Amende de 68€ et retrait de 1 point sur le permis probatoire.

À retenir : anticipation et respect, piliers de l’éclairage routier

La clé d’un éclairage routier efficace ? Une vigilance constante, l’anticipation des circonstances et le souci de respecter tous les usagers, sans exception. Mieux vaut allumer trop tôt que trop tard, ou revenir ponctuellement aux codes plutôt que de risquer l’éblouissement. N’hésitez jamais à rouvrir votre manuel constructeur pour un rappel technique ou à effectuer un contrôle visuel régulier de vos optiques.
En appliquant ces bonnes pratiques chaque jour, vous transformez la route en espace plus sûr et plus serein, de nuit comme de jour.
Pour d’autres conseils pratiques, guides d’entretien et décryptages, retrouvez notre rubrique « Sécurité routière » sur parentsautop.com, la plateforme des conducteurs responsables et avertis.

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