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L'évolution du prix des carburants : ce que prévoient les experts pour 2024

Par Maxime
6 minutes

Entre incertitudes économiques et transition énergétique : où vont les prix à la pompe en 2024 ?


L’actualité des prix des carburants reste un sujet brûlant pour les automobilistes français, soucieux de leur budget et sensibles aux évolutions du contexte géopolitique international. Si chaque passage à la station attise l’inquiétude, la question demeure : que nous réservent les prochains mois en matière de prix de l’essence, du gazole et des autres carburants ? Les experts avancent des analyses nuancées pour 2024, entre pressions sur la demande, stratégies des producteurs et incitations environnementales nationales.


Retour sur l’année 2023 : une volatilité persistante


L’année écoulée a encore une fois démontré à quel point le prix du carburant reste soumis aux soubresauts du marché mondial. Entre tensions géopolitiques au Moyen-Orient, mesure de plafonnement du pétrole russe et efforts coordonnés par l’OPEP pour maîtriser la production, les cours du baril de Brent ont connu des hauts et des bas, entraînant des fluctuations sensibles à la pompe.


  • Le gazole a particulièrement souffert de l’embargo européen sur le diesel russe, provoquant des pics entre 1,80 € et parfois plus de 2 €/L dans bon nombre de régions françaises.
  • Le SP 95 et le SP 98 sont restés globalement élevés, en dépit d’une moindre demande liée à l’essor progressif de l’électrique.
  • La fiscalité nationale, avec les taxes (TICPE notamment), a constitué environ 60% du prix final payé par l’usager, rendant chaque augmentation sur le marché international particulièrement visible pour les ménages.

Face à cette incertitude chronique, quelles perspectives pour 2024 ?


Des experts partagés sur la tendance 2024 : hausse modérée ou tassement ?


À l’heure actuelle, trois facteurs principaux occupent le devant de la scène dans les analyses :


  • L’évolution de l’offre sur le marché international (OPEP+, chocs géopolitiques)
  • La demande mondiale, notamment en Chine et aux États-Unis
  • La politique fiscale et environnementale de la France

Selon la majorité des instituts interrogés (Global Energy Monitor, IEA, économistes de grandes banques françaises), unerelative stabilité devrait prévaloir sur le marché pétrolier mondial au premier semestre 2024, avec un Brent oscillant entre 75$ et 80$ le baril. Mais cette stabilité reste toute relative : la moindre tension en Ukraine, au Proche-Orient ou une croissance plus rapide de la demande asiatique pourrait rapidement inverser la courbe.


Carburants : prévisions de prix moyens pour l’automobiliste français


  • Gazole : Les analystes voient le litre naviguer entre 1,70 € et 1,85 € pour la majorité de l’année, avec des pointes possibles lors des pics de demande (été ou périodes de froid).
  • Sans-plomb 95/98 : Attendu autour de 1,75 € à 1,92 € le litre, avec une volatilité accrue liées aux marges de raffinage et à la conversion des installations pour répondre à la demande en biocarburants.
  • E85/E10 : L’E85 (éthanol) profite de conditions fiscales favorables et d’une production française soutenue, mais les experts préviennent que la croissance de la demande pourrait peser à la hausse sur les prix, même si le litre reste le moins cher du marché (autour de 1 €/L).

L’ensemble de ces prévisions restent naturellement tributaire du contexte international et de l’évolution de la fiscalité nationale : un paramètre clé pour la feuille de route des ménages cette année.


Facteurs d’évolution : offre, demande, fiscalité et… transition énergétique


1. L’offre pétrolière : bras de fer entre l’OPEP+ et la demande occidentale


Les pays de l’OPEP+, réunissant les principaux producteurs de pétrole, poursuivent leur politique de quotas pour stabiliser (voire soutenir) les prix du brut. Cette stratégie limite les risques de chute brutale, mais expose aussi le marché à des “coups de chaud” si la situation sécuritaire venait à se tendre (ex. conflit en mer Rouge, instabilité en Iran ou dans le Golfe).


2. La demande : entre ralentissement économique et changement d’habitudes


La consommation mondiale de carburant devrait rester modérée en 2024, selon l’Agence Internationale de l’Énergie, avec un essoufflement de la croissance chinoise et un recours croissant aux véhicules hybrides et électriques en Europe. Cela pourrait limiter la pression à la hausse, même si le rebond d’un grand pays émergent reste un joker dangereux pour les usagers français.


3. Fiscalité et mesures gouvernementales en France


La France a écarté, début 2024, l’idée d’un nouveau “coup de pouce” fiscal sur les carburants, misant plutôt sur la transformation du parc automobile et l’aide ciblée pour les travailleurs modestes utilisant leur véhicule. Les taxes (TICPE, TVA) restent stables, mais toute hausse future des prix bruts se répercutera directement sur le portefeuille des usagers.


  • Le chèque carburant, accordé jusqu’en 2023 à certains ménages modestes, n’a pas (pour l’instant) été reconduit. La tendance est à une sortie progressive des aides généralistes au profit du soutien à la mobilité électrique.

4. Accélération de la transition énergétique : un facteur stabilisant… à moyen terme


L’Europe pousse sa révolution « verte » et la France anticipe l’interdiction de la vente de véhicules thermiques neufs dès 2035. 2024 voit la montée en puissance de l’électromobilité (plus de 20% des ventes de voitures neuves), un élément susceptible d’infléchir la courbe des prix à long terme. Pour le consommateur, cette mutation reste lente, mais chaque véhicule électrique mis en circulation amoindrit la pression sur le marché pétrolier domestique.


À la pompe : des comportements en mutation


Face à la perspective de prix durablement élevés, les automobilistes français adaptent leurs habitudes :


  • Adoption croissante du superéthanol E85, avec des conversions en hausse, soutenues par des dizaines de collectivités et par les réseaux de stations qui intègrent systématiquement ce carburant alternatif.
  • Mobilité partagée : covoiturage, transports alternatifs et location courte durée séduisent de plus en plus, réduisant la consommation individuelle.
  • Éco-conduite et entretien rigoureux : baisse des vitesses, contrôle régulier de la pression des pneus, limitation des accélérations brusques, autant de gestes utiles pour soulager la note mensuelle.
  • Report sur l’occasion récente ou l’hybride, avec des ventes en hausse de modèles sobres, adaptés au contexte fiscal et économique.

Les experts prévoient ainsi pour 2024 une nouvelle “normalité” : des prix non plus exceptionnellement hauts, mais durablement au-dessus d’1,70 €/L pour l’essence ou le gazole dans la majorité des stations, sauf retournement imprévu du marché international ou geste fiscal d’exception.


FAQ carburants 2024 : vos questions pratiques


  • Peut-on encore espérer un retour à des prix inférieurs à 1,50 €/L ?
    À court terme, cela semble improbable sans intervention gouvernementale ou effondrement de la demande mondiale. Les niveaux actuels, autour de 1,75 € à 1,90 € pour SP et gazole, devraient persister.
  • L’E85 reste-t-il une solution pérenne ?
    Oui : il bénéficie d’une fiscalité incitative et d’une production française stable, mais surveillez la compatibilité de votre moteur avant conversion.
  • Quelle part du prix à la pompe provient des taxes ?
    Environ 60%, entre la TICPE et la TVA. Ce sont des leviers majeurs d’ajustement, mais l’État s’oriente vers un soutien aux mobilités alternatives.
  • Va-t-on vers une pénurie ?
    Aucune alerte sérieuse n’est envisagée en 2024, les stocks étant surveillés au niveau européen – sauf crise géopolitique majeure ou grève prolongée dans le raffinage.
  • Quid des carburants alternatifs ?
    L’offre de bioGNV, d’hydrogène et d’électricité s’étend, mais reste minoritaire à court terme; l’E85 constitue un recours immédiat pour de nombreux ménages.

Notre conclusion : anticipation, adaptation et choix de mobilité


L’année 2024 s’ouvre sur un diagnostic clair : pas d’effondrement des prix à la pompe en vue, mais un risque réel de voir la facture grimper au gré des aléas internationaux ou d’un rebond économique mondial. Les efforts se portent dorénavant sur l’accompagnement à la sobriété, la conversion progressive des flottes et l’accélération des mobilités alternatives.

Au quotidien, les réflexes d’anticipation, l’information sur les prix (liste officielle ici) et la pratique de l’éco-conduite restent les armes principales pour limiter la note. Côté choix automobile, l’occasion récente, l’hybride et les modèles essence sobres gardent la cote auprès des familles françaises.

Pour aller plus loin, retrouvez sur www.parentsautop.com nos guides carburants, pour optimiser votre budget, choisir un modèle compatible E85 ou préparer la conversion vers l’électrique. À chaque automobiliste, sa solution contre la hausse du prix à la pompe !

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