Assurance & budget

Assurer une voiture électrique : particularités et coûts à anticiper

Par Maxime
6 minutes

Voiture électrique : quelles spécificités sur l’assurance ?

Les véhicules électriques, avec leur technologie de pointe et leur philosophie de conduite éco-responsable, s’imposent progressivement sur nos routes. Mais quand vient le moment d’assurer sa future auto « zéro émission », de nombreuses interrogations pratiques apparaissent : tarifs, couvertures, différences avec le thermique classique, garanties à privilégier… Quelles sont les subtilités à connaître avant de signer un contrat et quels coûts faut-il anticiper ? Voici un guide précis pour aborder sereinement l’assurance de votre voiture électrique.


Spécificités techniques et implications assurantielles

Une voiture électrique se distingue avant tout par l’absence de moteur thermique, remplacé par une chaîne de traction électrique et, surtout, une batterie lithium-ion. Or, cette batterie, qui constitue jusqu’à la moitié de la valeur d’un véhicule neuf, concentre plusieurs enjeux :

  • Son prix élevé en cas de remplacement ou de réparation (suite à accident ou sinistre naturel).
  • Son usure progressive nécessitant parfois des diagnostics spécifiques.
  • Un risque d’incendie ou de surcharge certes faible, mais industriellement encadré.

À cela s’ajoute le fait que la motorisation électrique, silencieuse et souple, implique moins d'accidents dus aux vibrations ou à l'entretien défaillant, mais expose aussi à un risque accru d’accidents à faible vitesse (piétons surpris, cyclistes, etc.), en ville notamment. Certaines compagnies d’assurance en tiennent compte dans leur analyse du risque.


Obligations légales et formules de couverture disponibles

Assurer une voiture électrique répond aux mêmes obligations légales qu’un véhicule thermique : il faut au minimum la garantie responsabilité civile (dite "assurance au tiers"). Cependant, compte tenu de la valeur élevée des VE, il est souvent conseillé d’opter pour une formule tous risques ou intermédiaire. La logique : protéger son investissement, y compris face à des dommages non responsables ou encore en cas de vol, incendie, tempête ou bris de glace.


À comparer :

  • Formule au tiers classique : seule la responsabilité envers un tiers est couverte. Tous les frais sur votre véhicule, notamment batterie, restent à votre charge.
  • Formule intermédiaire (tiers+) : protection étendue au vol, incendie, bris de glace et parfois événements climatiques.
  • Formule tous risques : couverture complète, conseillée pour les véhicules récents où la moindre réparation peut se chiffrer à plusieurs milliers d’euros, batterie incluse sous conditions.

Garanties spécifiques à ne pas négliger

  • Prise en charge de la batterie : Indispensable, surtout si elle est louée séparément (cas de certains constructeurs). Vérifiez que la batterie est explicitement couverte, en cas d’accident, d’incendie ou de vandalisme. Certaines compagnies n’intègrent pas la batterie par défaut en tous risques ou imposent une surprime pour cette couverture.
  • Assistance panne « zéro énergie » : La panne sèche, faute de recharge, est plus fréquente dans le monde électrique, surtout avec des autonomies urbaines. Beaucoup d’assureurs proposent une option « dépannage/rapatriement jusqu’à la borne la plus proche », qui peut éviter bien des déboires.
  • Prise en charge borne de recharge privée : Si vous installez une wallbox personnelle à domicile, certaines formules peuvent couvrir les dommages, le vol ou la détérioration de votre matériel de recharge. Une garantie à considérer, surtout en maison individuelle.
  • Responsabilité civile pour recharge hors domicile : Les incidents peuvent survenir lors d’une recharge en espace public (incendie, dommage à une borne partagée, etc.). Une couverture spécifique est parfois un plus pour se protéger.
  • Garantie véhicule de remplacement : Pendant l’immobilisation du VE pour réparation, la plupart des assureurs proposent un prêt de véhicule, mais il est rare d’obtenir un modèle électrique « de courtoisie ». Vérifiez ce point si vous tenez à rester en électrique durant la réparation.

Le coût de l’assurance : mythe ou réalité d’une surprime électrique ?

Le prix de l’assurance d’un véhicule électrique suscite de nombreux fantasmes, alimentés à la fois par les craintes des compagnies et le flou du marché. En 2024, que constate-t-on ?

  • Les premières années, les assureurs ont appliqué une surcote moyenne de 10 à 20 % par rapport à un équivalent thermique, liée à la méconnaissance des coûts de réparation et à la valeur catalogue élevée (cf. Zoé, ID.3, e-208...).
  • Aujourd’hui, la tendance s’inverse lentement, car les statistiques sinistres montrent un taux d’accidents inférieur et des frais d’entretien moindres pour les VE.
  • La présence d’aides à la conduite (ADAS, freinage d’urgence autonome…) se répercute sur les primes (+/- selon sophistication).

Dans la pratique, pour une citadine électrique type Renault Zoé, le coût annuel varie de 400 € (tiers simple) à plus de 800 € (tous risques ville dense, conducteur sans bonus). Pour les SUV familiaux (Tesla Model Y, Kia EV6…), compter fréquemment plus de 1 000 € par an en tous risques.
Mais certains nouveaux entrants du digital proposent des formules attractives, adaptées aux petits rouleurs ou aux conducteurs occasionnels, de type « pay as you drive » ou « kilométrique flexible ».


Comparatif : électricité VS essence à garanties équivalentes

  • VE urbain (Zoé) : 500 – 700 €/an
  • Thermique urbain (Clio) : 450 – 650 €/an
  • VE familial (Model 3) : 800 – 1200 €/an
  • Thermique familial (Peugeot 3008) : 700 – 1000 €/an

On constate donc un écart réel, mais qui se resserre chaque année.


Bonus écologique, éco-conduite et réduction de prime : les astuces à connaître

  • Certains assureurs octroient un bonus de 5 à 15 % sur la prime annuelle pour les véhicules électriques sous justification de respect de l’environnement, comparé aux versions thermiques.
  • Des formules spécifiques « électromobilité » incluent parfois le recyclage de la batterie, la prise en charge des équipements de recharge, ou encore des services connectés (diagnostics à distance).
  • La télématique embarquée (calcul de la prime selon votre style de conduite grâce à une appli ou un boîtier) permet de valoriser l’éco-conduite et pourrait devenir la norme sur les VE modernes.

N’hésitez pas à demander à votre assureur les éventuelles réductions pour faible kilométrage, usage exclusif loisir ou petits trajets domicile-travail, plébiscités pour les autos électriques.


Bons réflexes avant de signer son contrat

  • Lisez attentivement les exclusions de garantie : certaines compagnies n’incluent pas automatiquement la batterie ou la borne, ce qui peut réserver de très mauvaises surprises en cas de sinistre.
  • Signalez si vous louez la batterie : c’est le cas sur certains modèles anciens (Zoé…). Il faudra parfois fournir une attestation spécifique ou souscrire une extension.
  • Vérifiez les plafonds d’indemnisation pour la batterie, les accessoires ou les frais de remorquage en cas de panne sèche.
  • Comparez régulièrement : le marché évolue vite, et changer d’assureur peut générer des économies immédiates.

FAQ : vos principales questions sur l’assurance des véhicules électriques

  • L’assurance des VE est-elle systématiquement plus chère ? Non. Elle reste légèrement supérieure sur certains modèles récents ou premiums, mais de plus en plus compétitive pour les citadines ou les VE d’occasion.
  • Un incendie lié à la batterie est-il couvert ? Oui, en tous risques – à condition d’opter pour la couverture batterie ou de vérifier l’étendue de la garantie. En cas de négligence (recharge sur prise non homologuée…), l’assureur peut refuser l’indemnisation.
  • Panne sèche : suis-je dépanné gratuitement ? Cette garantie dépend de votre formule (option ou pack assistance). La plupart des « assistance 0 km » incluent désormais le rapatriement du VE jusqu’à la borne, même en cas de décharge complète.
  • Que couvre la RC circulation en cas d’accident lors de la recharge chez un tiers ? La responsabilité civile de votre contrat auto couvre généralement les dommages involontaires causés à une borne ou à autrui lors de la recharge. Pour votre propre matériel, il faut regarder du côté de la garantie « dommages accessoires ».
  • Assurance « borne à domicile » : utile ? Oui, si vous possédez et faites installer une borne, les dommages électriques, actes de vandalisme ou court-circuits sont alors pris en charge selon la formule. La garantie peut être isolée ou intégrée dans une « extension équipement ».

En synthèse : sécuriser son investissement avec une couverture adaptée

L’arrivée massive des voitures électriques bouleverse la donne chez les assureurs, qui s’adaptent à la fois aux innovations techniques, aux nouveaux modes de conduite, et au profil d’utilisateur de plus en plus varié. Prime en (légère) baisse pour les modèles grand public, multiplication des options spécifiques, prise de conscience autour de la couverture du « tout numérique » (batteries, wallbox, assistance décharge) : la vigilance reste recommandée pour un choix serein !
Le plus important : ne transigez pas sur la protection de la batterie et vérifiez systématiquement les plafonds et exclusions du contrat. Comparez, négociez, et n’hésitez pas à demander clairement à votre assureur quelles sont les garanties spécifiques aux véhicules électriques.
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