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Faut-il déclarer toutes les modifications de son véhicule à son assureur ?

Par Maxime
5 minutes

Modifications de véhicule : ce que vous devez impérativement déclarer à votre assureur


Changer ses jantes, équiper sa voiture d’un attelage, booster le moteur ou habiller le SUV d’un kit carrosserie : la tentation de personnaliser son automobile concerne chaque année des dizaines de milliers d’automobilistes amateurs d’originalité ou de performance. Mais un geste parfois jugé anodin en apparence peut se transformer en véritable casse-tête le jour où un sinistre survient. Face aux questions souvent posées sur les forums : « Dois-je prévenir mon assurance pour ce nouvel accessoire ? Qu’est-ce que je risque si j’omets une modification ? », décryptage clair et complet pour éviter tout litige.


Modifications et assurance : que dit la loi ?


Le Code des assurances, tout comme le Code de la route, pose un principe fondamental : l’assuré doit déclarer à son assureur « tout changement susceptible d’aggraver le risque ou d’en créer de nouveaux ». Si une modification – qu’elle soit esthétique ou technique – impacte les caractéristiques initiales du véhicule, l’assureur doit en être informé. Cette règle ne relève pas simplement du bon sens : omettre une déclaration conduit parfois à une réduction d’indemnisation, voire même un refus de prise en charge en cas d’accident grave.
Mais quelles transformations sont réellement concernées ? Et comment distinguer l’essentiel de l’accessoire ?


Catégories de modifications qui intéressent les assureurs


  • Améliorations mécaniques : augmentation de la puissance moteur (reprogrammation, puce, turbo ajouté), modification du système de freinage, échappement sport, changement de la suspension d’origine.
  • Modification du châssis et de la carrosserie : jantes majorées, kit carrosserie, abaissement, élargissement des voies, installation d'un aileron ou d’éléments aérodynamiques.
  • Équipements non d’origine : attelage, vitres teintées hors norme, ajout de projecteurs longue portée, galerie de toit, autoradio haut de gamme, caméra de recul installée a posteriori.
  • Transformation du type d’énergie : passage d’essence à GPL, bioéthanol, hybride, ou conversion à l’électricité.
  • Véhicule utilitaire aménagé : pose de banquettes, aménagement camping-car, stockage de matériel lourd.

Déclarer ou s’abstenir : où placer la limite ?


En pratique, la notion de modification significative demeure souvent source de confusion. Pour mémoire : tout ce qui modifie le poids, la puissance, l’aérodynamisme, la valeur ou la destination du véhicule doit susciter une déclaration.
Quelques cas fréquents :


  • Changement de jantes : Si vous passez à une taille différente ou à des jantes plus larges, déclarez-le. En cas d’accident grave, l’expert cherchera à savoir si cela a influé sur le comportement du véhicule.
  • Attelage : Toujours à signaler : cela modifie l’usage potentiel (remorque, caravane), donc le risque d’accident ou de vol.
  • Modification mineure (exemple : ampoules LED, tapis sur mesure, stickers décoratifs) : La plupart des assureurs ne demandent pas de déclaration, sauf si la valeur cumulée dépasse un seuil (souvent 2 000€ d’accessoires).
  • Tuning esthétique : Peinture personnalisée, covering, stickers, sièges sports : à déclarer si la valeur du véhicule en est affectée, ou si la transformation figure sur la carte grise et donc au certificat d’immatriculation.
  • Reprogrammation moteur : C’est un « must » à déclarer : l’assureur peut réviser la prime, refuser la modification, ou adapter la garantie.

Quelles conséquences en cas de non-déclaration ?


En cas d’accident, l’expert de votre assurance peut rapidement repérer une modification non signalée : une prise OBD trahissant une reprogrammation électronique, une absence de mention d’attelage sur la carte grise…


  • En cas de sinistre responsable : L’assureur peut appliquer une réduction proportionnelle d’indemnité, voire opposer un refus de garantie si la transformation rend le véhicule non conforme au Code de la route ou influence la survenance de l’accident.
  • En cas de vol : Non-déclaration d’accessoires high-tech ou de transformations majorant la valeur expose à une indemnisation minorée, voire nulle.
  • En cas de blessures graves : Si un accident dû à une modification non homologuée cause des dommages corporels à un tiers, l’assuré pourrait voir sa responsabilité personnelle engagée.
  • Contrôle routier et carte grise : Certaines modifications nécessitent une mise à jour de la carte grise suite au passage par la DREAL (ex-DRIRE), comme une reprogrammation significative ou un changement du système d’énergie. Un défaut de conformité entraîne amende, voire immobilisation du véhicule et impossibilité de prise en charge par l'assurance.

Comment bien déclarer les transformations ? Conseils pratiques


La règle d'or : la transparence. N'attendez pas le renouvellement du contrat ou la déclaration d'un sinistre : tout changement important vaut un mail ou un appel immédiat à votre conseiller.


  • Détaillez précisément la modification : Joignez la facture, le descriptif technique ou l’attestation du professionnel.
  • Privilégiez l'écrit : Un mail laissé dans la messagerie de l'assureur fait foi en cas de litige.
  • Demandez confirmation : Si possible, exigez un avenant du contrat mentionnant la prise en compte de la transformation.
  • Attention à la garantie valeur à neuf : Certains accessoires ne sont couverts que s'ils sont explicitement listés dans le contrat.
  • Pensez au futur acheteur : Une modification non déclarée ou non homologuée rend difficile la revente, et expose l'acquéreur à des poursuites en cas de sinistre ultérieur.

Le rôle clef de la carte grise : modification administrative


Certaines transformations exigent une procédure de réception à titre isolé auprès de la DREAL, suivie de la mise à jour de la carte grise. C’est le cas, entre autres, pour :


  • Conversion à une énergie différente (électrique, GPL, E85).
  • Modification du nombre de places ou d'une fourgonnette en véhicule de loisirs aménagé.
  • Changement très significatif du châssis ou de la puissance moteur.

Dans ces cas, ne pas effectuer les démarches expose à de lourdes sanctions, y compris la non-couverture totale du véhicule, quelles que soient les conditions du contrat d’assurance.


Existe-t-il des modifications « libres » hors déclaration ?


Dans la majorité des cas, l'entretien courant et le remplacement à l’identique de pièces d'usure (plaquettes, pneus, amortisseurs homologués, batterie...) n’imposent aucune déclaration. De même pour les petits accessoires purement décoratifs ou réversibles (housses de sièges, enjoliveurs, stickers classiques).
Sachez néanmoins que certains postes sont à la frontière : opter pour des pneus non homologués par le constructeur, ou des films de vitres non conformes, expose à une contravention... et à l’invalidation de la garantie d’assurance en cas d’accident lié.


FAQ : vos questions les plus fréquentes


  • Puis-je ne rien dire pour de simples haut-parleurs ou un GPS intégré ?
    En principe, pour de petits équipements audio ou électroniques sans value exceptionnelle (< 2 000 € installés), la déclaration n’est pas obligatoire. Si l’installation modifie l’esthétique du tableau de bord ou la valeur générale du véhicule, précisez-le à votre assureur.
  • Changer d’échappement pour un modèle « sport », est-ce risqué ?
    Oui, si cet échappement n’est pas homologué ou modifie le bruit au-delà de la norme, vous risquez contravention et rejet du sinistre par l’assurance. Toute modification notable (niveau sonore, performance) doit être déclarée.
  • J’équipe ma voiture pour le camping : dois-je déclarer réchaud et banquette ?
    Dès lors que cela change la destination ou le poids total autorisé (fourgon, camping-car), la déclaration auprès de la DREAL et de l’assurance est indispensable.
  • Que risque un jeune conducteur qui ne déclare pas une modification importante ?
    Une enquête d’assurance après sinistre expose le conducteur débutant à une indemnisation très réduite, voire à l’annulation du contrat et une inscription sur le fichier des conducteurs résiliés, compliquant toute réassurance future.
  • L’ajout d’un coffre de toit ou de chaînes neige doit-il être signalé ?
    Non, sauf s’ils sont installés à l'année et modifient l’usage habituel. Pour un usage saisonnier et mobile, aucune formalité supplémentaire n’est requise.

En résumé : mieux vaut trop déclarer que pas assez !


La personnalisation ou l’optimisation d’un véhicule, qu’elle soit discrète ou voyante, engage à la fois la conformité réglementaire et l’obligation d’information contractuelle. La règle d’or ? Prudence. Mieux vaut une déclaration jugée superflue qu'une omission susceptible d’annuler la garantie au pire moment. Gardez à l’esprit qu'un contrat d’assurance s’évalue à chaque changement significatif du risque.
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