Assurance & budget

Assurance auto au kilomètre : pour qui et à quel prix ?

Par Maxime
5 minutes

Rouler moins, payer moins : l’assurance auto au kilomètre décryptée

Avec la montée en puissance du télétravail, des mobilités douces et du partage de véhicules, la formule "assurance auto au kilomètre" gagne du terrain en France. Destinée à ceux qui souhaitent ajuster leur prime d’assurance en fonction du nombre réel de kilomètres parcourus, elle casse l’approche classique du forfait annuel. Mais à qui profite cette offre ? À quel prix et avec quelles garanties ? Analyse complète, conseils pratiques et points de vigilance pour mieux comprendre une formule promise à un bel avenir.

Fonctionnement de l’assurance auto au kilomètre : comment ça marche ?

Exit le modèle unique où tous les assurés paient pour un kilométrage théorique. Le principe est simple : plus vous roulez peu, moins vous payez. Selon l’assurance, plusieurs formules existent :

  • Pay as you drive (PAYD) : la cotisation s’ajuste selon un seuil kilométrique que vous choisissez à la souscription (souvent : 5 000, 8 000 ou 12 000 km/an). Si vous ne dépassez pas, la prime reste basse. Au-delà, un supplément s’applique.
  • Pay how you drive (PHYD) : plus qu’un simple compteur de kilomètres, le boîtier connecté intègre aussi l’analyse du comportement de conduite (accélérations, freinages, horaires de circulation). Davantage répandu à l’international et en expérimentation chez certains acteurs en France.
  • Facturation au kilomètre exact : chaque mois, vous déclarez votre kilométrage ou un boîtier télématique automatique remonte la donnée à l’assureur. Vous ne payez que ce que vous avez réellement parcouru.

À chaque formule, un mode de déclaration différent : soit sur l’honneur (photo du compteur à l’appui), soit via un boîtier GPS installé dans le véhicule, parfois fourni gratuitement lors de la souscription.

Quels profils sont les plus concernés ?

Ce type d’assurance cible nettement certains usagers :

  • Petits rouleurs : citadins, retraités, télétravailleurs à plein temps, parents utilisant un véhicule secondaire, étudiants ou personnes déplaçant peu leur voiture hors week-end ou vacances.
  • Conducteurs occasionnels : propriétaires d’une voiture qui sort seulement pour certaines courses, balades ou week-ends, ou conjoints se partageant plusieurs véhicules.
  • Jeunes permis cherchant à limiter le budget : dans un contexte d’assurance souvent onéreuse, limiter les kilomètres est un moyen pertinent pour baisser la facture, à condition d'éviter les dépassements déclarés.
  • Utilisateurs de mobilités partagées : adeptes du vélo, du métro ou du covoiturage au quotidien, gardant la voiture pour de rares déplacements.

Le point commun : rouler moins de 8 000 à 10 000 km/an (contre une moyenne nationale d’environ 12 000 km/an), ou vouloir sécuriser une maîtrise du budget auto.

Quels assureurs proposent cette formule ?

Depuis quelques années, de plus en plus de compagnies d’assurance s’adaptent à la demande. On peut citer :

  • MAIF : offre « Petits rouleurs » pour ceux parcourant moins de 8 000 km/an.
  • Allianz : formule « Kilométrique » ajustable par forfaits.
  • Direct Assurance, YouDrive (AXA), L’Olivier Assurance, April : offres « Au kilomètre » avec boîtier connecté envoyé à domicile, et prime réadaptée chaque mois.
  • Assurpeople et Euro-Assurance: formules pour jeunes conducteurs ou petits budgets.

À noter : chaque compagnie décline la formule avec ses propres modalités (type de boîtier, seuils, conditions d’installation, gestion des dépassements…). Comparer reste indispensable avant de choisir.

À quels tarifs s’attendre pour l’assurance au kilomètre ?

La promesse centrale : une économie substantielle pour les petits rouleurs. Selon les données des assureurs et des comparateurs, les économies vont de 10 % à 30 % par rapport à l’assurance classique, parfois plus selon le profil. 

Exemples (données 2024, fourchettes annuelles) :

  • Jeune conducteur (20 ans, voiture citadine, 5 000 km/an) : 650 € à 900 € (vs 1 100 € en moyenne en formule classique).
  • Couple de retraités (compacte essence, 4 000 km/an) : 350 à 500 €, là où une assurance « standard » oscille autour de 650 €.
  • Père de famille utilisant un véhicule secondaire (8 000 km/an, monospace) : à partir de 550 €, contre 750 € ou plus sur une formule sans ajustement kilométrique.

Attention : la réduction dépend du forfait choisi. Un écart important entre forfait annoncé et kilomètres réellement parcourus peut entraîner des compléments à payer (souvent autour de 0,10 à 0,20 €/km pour les kilomètres excédentaires).


Boîtiers connectés : avantages et questions de confidentialité

La plupart des offres utilisent un boîtier connecté, installé de manière autonome (prise OBD ou allume cigare). Ce dispositif relève le kilométrage mais peut aussi analyser le style de conduite (freinage, accélération, horaires, etc.).

  • Avantage : déclaration transparente, plus besoin de se souvenir d'envoyer la photo du compteur. Parfois, bonus de réduction si le style de conduite est jugé « sécurisant ».
  • Question de vie privée : les assureurs garantissent en France que la localisation n’est pas enregistrée, seul le kilométrage étant communiqué. L’analyse « comportementale » reste rare et toujours annoncée contractuellement.

Avant de souscrire, il est conseillé de lire attentivement la politique de confidentialité de l’assureur sur ce point.

Assurance au kilomètre : quelles garanties et quels risques d’exclusion ?

En général, ce type d’assurance propose une protection équivalente à une assurance classique (tiers, intermédiaire ou tous risques : responsabilité civile, bris de glace, vol, incendie, etc.).

Néanmoins, la vigilance s’impose sur :

  • Le dépassement du forfait : vérifiez les modalités de surfacturation, notamment en cas d’imprévu sur l’année (déménagement, changement professionnel, imprévu familial).
  • Le niveau d’assistance : certaines formules « économes » rognent sur l’assistance 0 km ou la voiture de remplacement.
  • La validité en cas de prêt du véhicule : déclarer impérativement tout conducteur secondaire et signaler qu’il roulera ponctuellement, au risque de prise en charge dégradée.

Globalement, il est conseillé d’anticiper ses besoins à la hausse pour éviter les déconvenues.


Peut-on en changer facilement ou adapter son forfait ?

La majorité des contrats offrent aujourd’hui la possibilité de modifier à la hausse ou à la baisse les forfaits kilométriques en cours d’année (avec régularisation au prorata). Toutefois :

  • En cas de changement important de situation (nouveau travail, déménagement, nouveaux besoins de transport), signalez-le rapidement à l’assureur pour adapter la formule.
  • La résiliation à tout moment est désormais facilitée (loi Hamon) : on peut basculer sur une assurance plus classique, ou inversement vers l’offre au kilomètre, sans délai de carence.

Pensez à comparer chaque année votre situation et aux nouveautés du marché.

Le saviez-vous ? Assurance au kilomètre et véhicules électriques

Les assureurs commencent à proposer des tarifs spécifiques au kilomètre pour les voitures électriques. L’intérêt : bon nombre de petits rouleurs électrisés profitent d’une double économie sur le budget carburant et assurance… tout en bénéficiant de garanties adaptées à la technologie (batterie, réseau assistance, etc.).

FAQ : questions fréquentes sur l’assurance auto au kilomètre

  • Dois-je déclarer mes kilomètres à la fin de l’année ?
    Ça dépend de la formule : si vous avez opté pour un suivi « manuel », une photo du compteur ou un relevé annuel doivent être transmis. Avec un boîtier connecté, la déclaration est automatisée.
  • Suis-je assuré(e) si je prête ponctuellement mon véhicule ?
    Oui, mais il faut souvent le mentionner dans le contrat. Les conditions d’assurance peuvent différer pour un conducteur occasionnel non déclaré.
  • Que se passe-t-il si je dépasse le forfait prévu ?
    En général une régularisation est demandée sur la base d’un tarif au kilomètre supplémentaire prédéfini dans le contrat.
  • Puis-je cumuler bonus auto et assurance au kilomètre ?
    Oui, le système de bonus-malus reste applicable et évolue selon l’accidentologie, comme sur un contrat classique.
  • L’assurance au kilomètre convient-elle aux familles ?
    Oui, à condition que le véhicule reste peu roulant toute l’année. Pour les familles multipliant les trajets, un forfait plus élevé s’impose parfois, donc l’économie peut s’amenuiser.

Conclusion : la bonne formule pour un budget auto sur-mesure ?

L’assurance auto au kilomètre se présente comme un levier malin pour alléger son budget quand on roule peu, sans sacrifier la protection ni la tranquillité. Idéale pour les petits trajets, les années de transition, ou en phase télétravail, elle promet aux automobilistes une gestion « à la carte » de leur couverture.
Mais attention à bien anticiper ses besoins, déclarer honnêtement ses kilomètres et comparer les offres : boîtiers connectés, niveaux de services et seuils varient parfois du simple au double selon les assureurs.
Pour approfondir : consultez nos guides comparatifs, conseils de négociation, et témoignages concrets de petits rouleurs sur www.parentsautop.com.

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