Avant d’acheter une voiture d’occasion : les essentiels à passer au crible
Acquérir un véhicule, même d’occasion, reste souvent un investissement majeur pour de nombreux ménages. Toutefois, si les offres en ligne se multiplient et les opportunités semblent alléchantes, acheter sans vérifier tous les documents administratifs peut vite transformer la bonne affaire en galère. Certificat de non-gage, contrôle technique, carnet d’entretien… chaque document a son importance pour garantir une transaction fiable et sans mauvaise surprise.
Voici, pour les futurs acheteurs comme pour les vendeurs responsables, un panorama complet des documents que vous devez absolument exiger et contrôler avant de signer le moindre chèque – ou de faire un virement. Cette checklist, inspirée de retours d’expérience et d’analyses terrain, vous fera gagner du temps… et souvent, de l’argent.
Le certificat de situation administrative (non-gage) : la clé d’une vente sans blocage
Premier réflexe : demander au vendeur le certificat de situation administrative, encore appelé certificat de non-gage. Ce document est délivré gratuitement, en ligne, par les services de l’État (site de l’ANTS ou service-public.fr). Il atteste que le véhicule ne fait l’objet d’aucune opposition :
- Aucune opposition au transfert de la carte grise (anciennement appelée certificat d’immatriculation).
- Aucun gage pour crédit impayé, amende non réglée, saisie suite à une infraction grave ou vol signalé.
Point de vigilance : le certificat doit dater de moins de 15 jours au moment de la vente. Seule la version « détaillée », comportant la mention « absence d’opposition » ou précisant les restrictions, a valeur probante. Méfiez-vous d’une impression ancienne ou d’un PDF « modifié » – vérifiez bien l’URL officielle du site d’émission. Un véhicule gagé ne pourra pas avoir sa carte grise changée avant régularisation.
Le contrôle technique : bien plus qu’une formalité réglementaire
Le contrôle technique périodique est obligatoire en France pour toute voiture particulière de plus de 4 ans (hors collection). Pour finaliser la vente, le dernier contrôle technique doit :
- Avoir été effectué moins de 6 mois avant la date de cession (2 mois en cas de contre-visite).
- Inclure, si besoin, le procès-verbal de contre-visite mentionnant les défauts corrigés.
Ce document officiel dresse la liste des points de sécurité contrôlés et des éventuelles réparations à prévoir. Pour les acheteurs : un PV affichant des défaillances majeures ou critiques doit inciter à la plus grande prudence. En cas d’achat à un professionnel, ce dernier doit obligatoirement effectuer toutes les réparations liées aux défauts majeurs détectés.
Il existe un site officiel permettant de vérifier l’authenticité d’un contrôle technique via le numéro de PV. Ne jamais négliger ce passage obligé, car certains défauts non indiqués pourraient relever la responsabilité du vendeur… et coûter cher à l’acheteur.
La carte grise (certificat d’immatriculation) : le document-pivot
Impossible d’acheter ou de vendre sans la carte grise du véhicule. Ce document doit :
- Porter le nom et l’adresse exacte du vendeur (ou du mandataire/professionnel si celui-ci revend pour le compte d’un client).
- Être complète, sans rature ni coupure, et correspondre strictement aux données du véhicule (numéro VIN/châssis, motorisation, couleur, etc.).
- Être barrée, signée et accompagnée de la mention « vendu le » suivie de la date et l’heure exacte de la transaction lors de la remise.
Au moindre doute (cartes grises étrangères, véhicule importé, succession non régularisée…), demandez un justificatif complémentaire. La carte grise est également indispensable pour établir le certificat de cession et faire la demande d’immatriculation à votre nom via le site ANTS.
Le certificat de cession : sécuriser la transaction
L’acte de vente, ou certificat de cession (formulaire officiel cerfa n°15776*02), doit être rempli en deux exemplaires – un pour le vendeur, un pour l’acheteur. Ce formulaire détaille la date, l’heure, le kilométrage et les coordonnées complètes des deux parties. Il engage la responsabilité des signataires, notamment sur la déclaration de conformité du véhicule vendu.
Point clé : la déclaration de cession doit impérativement être déposée par le vendeur sur le site ANTS dans les 15 jours qui suivent la vente. Cette démarche protège les deux parties en fixant la date légale du transfert de propriété. Un oubli expose à des amendes et au risque d’amendes reçues par l’ex-propriétaire… ou de litiges en cas d’accident.
L’historique du véhicule : transparence demandée !
Au-delà des pièces obligatoires, il existe désormais plusieurs moyens de contrôler l’historique d’un véhicule d’occasion. Deux outils publics s’avèrent précieux :
- Histovec : service gratuit du gouvernement, qui permet de consulter en ligne l’historique administratif (propriétaires successifs, sinistres, gages, etc.) à partir du numéro d’immatriculation.
- Rapport Carvertical ou AutoDNA : payants mais plus détaillés, ils recoupent des bases européennes sur le kilométrage, les vols déclarés, dommages à l’étranger, etc.
Vérifier le passé d’un véhicule permet d’éviter d’acheter une voiture trafiquée (compteur), gravement accidentée ou importée sans que ce soit clairement indiqué. Certains vendeurs honnêtes fournissent spontanément ces historiques. N’hésitez pas à le demander, notamment si le prix vous paraît très en dessous du marché ou si plusieurs changements de propriétaires figurent sur une courte période.
Le carnet d’entretien et les factures : juger la santé réelle de l’auto
Le carnet d’entretien, papier souvent négligé, fait pourtant foi lors d’une acquisition. Il doit :
- Présenter les tampons et signatures du réseau constructeur ou des garages indépendants ayant suivi le véhicule.
- Détailler les entretiens successifs (vidange, courroie de distribution, liquide de frein, changement de pneus ou de plaquettes, contrôles spécifiques pour hybrides ou électriques, etc.).
- Être accompagné de factures si possible. Les historiques numériques (certains garages ou concessionnaires fournissent un dossier PDF ou accès client) gagnent en popularité.
Un historique limpide justifie le prix et rassure lors de la revente. À l’inverse, un carnet manquant ou approximatif doit alerter : remplacement d’un moteur ou d’une batterie, accident, rappels non effectués… peuvent impacter la durée de vie et la valeur de l’auto.
Voitures électriques et hybrides : des documents en plus à réclamer
Pour tout véhicule électrique ou hybride rechargeable, demandez au vendeur :
- Le certificat de batterie (garantie, état de santé de la batterie – « State of Health » ou SOH).
- Les documents prouvant la propriété du câble de charge ou la cession d’une borne à domicile (en cas de revente d’une wallbox fixée au garage).
La batterie étant l’un des postes les plus coûteux en cas de défaillance, posséder ces justificatifs garantit la longévité et, souvent, fait peser la garantie sur le constructeur dans les premières années si un défaut était détecté.
Autres documents facultatifs, mais vraiment utiles
- Procès-verbaux de réparations/reprises de campagne (notamment rappel constructeur).
- Rapport d’expertise si accident, ou passage aux Mines lors de modifications majeures (GPL, transformation utilitaire en VP…).
- Justificatif d’assurance en cours, certificat de conformité particulier, notice d’utilisation pour les équipements électroniques embarqués.
FAQ pratiques lors d’un achat d’occasion
- Que faire si le vendeur ne fournit pas tous les papiers ?
N’achetez pas. Exiger la totalité des documents n’est pas un caprice, mais une protection directe pour l’acheteur et pour le vendeur. Sans eux, vous ne pourrez transférer la carte grise et prenez trop de risques juridiques. - Puis-je payer un véhicule sans avoir tous les documents en main ?
Jamais. Le paiement final et la remise des clés/du véhicule doivent s’accompagner de la totalité des documents listés plus haut. - Ai-je un recours si le véhicule tombe en panne juste après l’achat ?
En cas de vice caché ou d’information volontairement dissimulée, vous pouvez engager la responsabilité du vendeur, y compris entre particuliers (article 1641 du Code civil). D’où l’utilité d’une trace écrite soignée et de tous les justificatifs. - Combien de temps ai-je pour effectuer l’immatriculation à mon nom ?
Vous disposez d’un mois après l’achat pour faire la démarche en ligne (ANTS). Il est conseillé de ne pas tarder, le défaut de carte grise à votre nom expose à une amende. - En cas de succession ou de divorce, que vérifier de plus ?
Exigez l’acte notarié de succession ou le jugement de divorce, accompagné d’une cession réglementaire. Seul le propriétaire inscrit en carte grise ou son mandataire légal peut vendre le véhicule.
En synthèse : méthodologie solide pour achat serein
Un véhicule d’occasion n’est jamais un achat anodin. Certificat de non-gage, contrôle technique, carte grise, certificat de cession, historique vérifiable et dossier d’entretien complet : exiger ces pièces est un gage de sérieux et une barrière contre les litiges. Plus vous validez d’éléments, moins vous laissez de place aux mauvaises surprises.
Pour préparer vos démarches ou télécharger les formulaires officiels, rendez-vous sur www.parentsautop.com : guides pratiques, simulateur de contrôle, documents à imprimer et forum d’entraide entre parents et acheteurs avertis.