Électrique & hybride

Se lancer dans le covoiturage en voiture électrique : avantages et limites

Par Maxime
6 minutes

Covoiturage et voiture électrique : vers une mobilité plus responsable

Opter pour le covoiturage en voiture électrique séduit un nombre croissant d’automobilistes français. Face à la transition écologique, à la hausse des prix du carburant et à la nécessité de réduire l’empreinte carbone, cette combinaison promet de belles avancées pour se déplacer de manière plus vertueuse. Si l’idée rassemble beaucoup d’arguments convaincants, elle soulève aussi des interrogations pratiques : autonomie, accessibilité, organisation… Éclairage sur les atouts réels du covoiturage électrique, et ses défis à anticiper, pour embarquer en toute sérénité vers la mobilité de demain.


Pourquoi le covoiturage associé à une voiture électrique ?

La mobilité partagée fait partie depuis longtemps des réponses à la saturation routière, à la pollution et au coût de l’automobile. Le covoiturage classique s’impose notamment sur les longs trajets, les trajets domicile-travail ou encore les vacances. L’électrification du parc automobile rebat cependant les cartes : rouler groupés en électrique, c’est potentiellement cumuler économie financière pour tous les passagers et réduction drastique de l’impact environnemental.


En mutualisant les kilomètres sur une voiture zéro émission à l’échappement, chaque passager diminue considérablement sa part des émissions globales. À ceci s’ajoutent les avantages financiers : partage des frais de charge, d’assurance, d’entretien (réduit sur un VE), stationnement facilité dans certaines villes… Les arguments sont nombreux, mais la réalité sur le terrain demande quelques adaptations.


Avantages écologiques et économiques du covoiturage électrique

Mutualiser les trajets en voiture électrique maximise l’utilisation d’un véhicule déjà exemplaire sur le plan environnemental, sous réserve d’une recharge majoritairement d’origine renouvelable. Les bénéfices s’articulent autour de trois axes :


  • Réduction des émissions de CO2 : une voiture électrique n’émet pas de gaz à effet de serre à l’usage. Remplacer 3 ou 4 trajets individuels thermiques par un trajet commun en VE, c’est un double gain climatique.
  • Diminution du parc roulant : moins de voitures sur la route signifie moins de congestion, de bruit, de besoin en parkings, donc moins de pollution urbaine.
  • Partage des coûts : les dépenses de recharge (bien moins lourdes que le carburant), de péages ou d’usure sont divisées, le conducteur peut amortir une partie de son investissement dans l’électrique grâce aux contributions des passagers.

Certains opérateurs comme BlaBlaCar ou Karos intègrent désormais la possibilité de choisir des trajets en VE sur leurs plateformes, rendant le processus simple et transparent aussi bien pour les conducteurs que pour les voyageurs.


Autonomie et planification : les nouveaux réflexes à adopter

Le principal défi du covoiturage électrique reste l’autonomie réelle du véhicule et la gestion des recharges. Un trajet partagé implique souvent de couvrir plusieurs centaines de kilomètres, d’opérer des détours pour récupérer les passagers ou en déposer dans différentes localités.


  • Planification fine : alors qu’un véhicule thermique s’arrête presque partout pour faire le plein, une voiture électrique impose de composer avec la localisation des bornes, leur puissance, leur disponibilité, et la compatibilité de son véhicule.
  • Prise en compte des détours : chaque détour peut réduire l’autonomie réelle, surtout si la voiture est bien chargée (plus de poids) ou si la température extérieure est basse (chauffage gourmand sur VE).
  • Temps de trajet global : le temps de recharge, même avec la charge rapide, doit être anticipé dans le timing global du covoiturage.

De nombreuses applications embarquées ou sites web facilitent désormais la planification des arrêts bornes (ABRP, Chargemap…), ce qui lève beaucoup de freins pour qui prépare soigneusement son trajet. Informer ses passagers à l’avance sur le déroulé précis du voyage (pauses recharge prévues, options snack/repas pendant les arrêts, etc.) sécurise la démarche et limite les mauvaises surprises.


L’accessibilité des infrastructures : où en est-on en 2024 ?

Les réseaux de bornes se densifient sur tout le territoire français. Pour les grands axes, en particulier sur autoroutes et nationales, il devient possible de traverser la France en électrique sans contrainte majeure, à condition de choisir des véhicules dotés d’une batterie confortable (au moins 300 km d’autonomie réelle).


Cependant, en zones rurales ou pour les arrêts plus excentrés, la répartition des points de charge rapides reste inégale. Il est alors primordial :


  • De vérifier la présence d’une borne (puissance, compatibilité, disponibilité via les applis en temps réel) à chaque étape potentielle
  • D’estimer la durée des arrêts pour maintenir une expérience de covoiturage acceptable (pas plus longues que nécessaires…)
  • De prévoir une marge en cas de borne occupée, en panne, ou de retard d’un passager

Alors que le gouvernement et les opérateurs accélèrent le déploiement, la majorité des trajets interurbains sont aujourd’hui envisageables en covoiturage électrique. La vigilance doit porter sur les zones blanches ou les trajets « en étoile », moins desservis.


Expériences et ressentis : le covoiturage électrique à l’épreuve du quotidien

De nombreux retours d’expérience font état d’une ambiance conviviale et parfois même pédagogique lors du covoiturage en VE : il n’est pas rare que les passagers apprécient de tester « en vrai » l’électrique avant d’envisager l’achat. Les pauses recharge, initialement perçues comme une contrainte, deviennent souvent des temps de partage, pour discuter ou faire une collation.


Parmi les retours récurrents :


  • Une motivation écologique clairement affirmée chez ceux qui choisissent ce type de déplacement
  • Un effet découverte, où passagers comme conducteurs partagent astuces, impressions et économies réalisées
  • Une anticipation parfois nécessaire sur les plages horaires (pour caler les recharges sur des plateformes disponibles, éviter les heures de pointe…)
  • Dans certains cas, la nécessité de demander aux passagers de participer à la planification ou à la flexibilité des rendez-vous

Limites structurelles : à prendre en compte avant de se lancer

Si les atouts cités sont indéniables, certaines limites ne doivent pas être occultées avant de se convertir au covoiturage électrique :


  • Capacité d’emport : certains modèles de VE offrent moins de place pour les bagages que leur équivalent thermique, en raison du plancher batterie (attention lors de trajets vacances).
  • Refus d’adaptation possible des passagers : tous ne sont pas encore prêts à accepter un arrêt charge imprévu ou un détour pour optimiser l’autonomie.
  • Difficulté à rentabiliser certains trajets rares ou en zone peu équipée, où la densité de bornes ou de covoitureurs reste limitée.
  • Dépendance aux variations du réseau électrique : surcharge temporaire d’une station de recharge, coupure locale, ou problème technique qui peut entraîner retard ou annulation de dernière minute.

À court terme, la flexibilité reste donc le maître-mot. Certaines plateformes travaillent à mieux cultiver la « culture électrique » de leurs utilisateurs (information sur les temps d’attente, priorité aux arrêts « comfort », signalement de l’état du réseau…).


Conseils pratiques pour covoiturer en électrique

  • Prévoyez une marge d’autonomie suffisante, surtout en hiver ou lors d’un trajet incertain sur la carte des bornes.
  • Communiquez en amont avec vos passagers : expliquez la feuille de route, discutez des étapes incontournables (charge, pauses repas), et indiquez le confort ou la taille des places arrière.
  • Anticipez les imprévus : consultez et partagez à tous les arrêts potentiels la disponibilité des bornes et les solutions de secours (plan B sur une autre borne, hôtel équipé…)
  • Misez sur la transparence dans le partage des frais : expliquez le coût réel d’une recharge, évitez tout malentendu à l’arrivée.
  • Naturellement, gardez à bord votre carte de recharge principale et au moins une solution de paiement alternative : toutes les bornes ne sont pas interopérables.

Quel impact sur l’assurance et la fiscalité ?

Covoiturer en électrique n’impose pas de formalité spécifique auprès de son assurance, qui couvre en général la voiture, pas les usages particuliers. Mieux vaut toutefois vérifier les conditions : certaines compagnies pourraient refuser de couvrir un sinistre si le covoiturage est réalisé à titre commercial déguisé (au-delà du simple partage de frais réel).


Côté fiscalité, aucun impact spécifique n’est constaté actuellement. Pour les salariés, le covoiturage électrique peut permettre de bénéficier de certains avantages (prime covoiturage, prise en charge des frais de transport durable… selon l’entreprise ou la collectivité).


En résumé : covoiturer en électrique, une (r)évolution à la portée de tous ?

S’allier à la fois sobriété et modernité, voilà ce qu’offre le covoiturage en voiture électrique. Le mouvement reste en pleine accélération, porté par la démocratisation des VE et un déploiement de plus en plus rapide des bornes de recharge. À moyen terme, les bénéfices écologiques, financiers et sociaux s’imposent, à condition d’adapter ses habitudes à quelques contraintes bien spécifiques : planification, anticipation, dialogue constant avec les passagers.


Si vous êtes prêt à composer avec ces ajustements, n’hésitez plus : chaque trajet partagé en électrique fait bouger les lignes de la mobilité de demain. Pour aller plus loin sur la mobilité responsable et tous les usages alternatifs de la voiture, retrouvez nos guides dédiés, tests de véhicules et retours d’expérience sur www.parentsautop.com – votre source d’inspiration pour un quotidien plus vert sur la route.

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