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La fiscalité automobile revu en 2024 : ce qui va changer pour les conducteurs

Par Maxime
6 minutes

2024, l’année charnière pour la fiscalité auto : de nouveaux repères pour les automobilistes

Ce début d’année signe une véritable mutation du paysage fiscal lié à l’automobile en France. Entre fiscalité écologique accrue, transformation des malus et allégements ciblés, tous les automobilistes sont concernés, qu’ils soient amateurs d’énergie thermique ou convaincus par les modèles électriques. Petits rouleurs, familles nombreuses, adeptes du neuf comme de l’occasion : voici le décryptage complet de ce qui va changer, afin d’anticiper au mieux vos prochains choix de mobilité.


Le malus CO2 : la barre se durcit encore

Les mesures s’annonçaient, elles sont désormais en place : la fiscalité écologique sur les voitures neuves devient encore plus sévère. Le barème du malus CO2 est abaissé et durci, dans le double objectif de réduire les émissions et d’orienter les achats vers des modèles plus propres.

  • Dès 118 g/km de CO2 : le seuil de déclenchement baisse (contre 123 g/km en 2023). Toute voiture émettant 118 g/km ou plus sera imposée dès la première immatriculation.
  • Un plafond qui grimpe : pour les véhicules les plus polluants (224 g/km et plus), la taxe atteint jusqu’à 60 000 € (contre 50 000 en 2023). Les modèles sportifs, hauts de gamme et véhicules anciens sont particulièrement ciblés.
  • Progressivité accrue : chaque palier est rehaussé de 5 à 15% par rapport à l’an passé. Exemple : une familiale essence à 135 g/km paiera 540 €, contre 170 € en 2023.

Le message est clair : la transition énergétique se poursuit au pas de course, et le choix d’une voiture à faibles émissions devient non seulement un geste environnemental, mais également un atout financier incontournable.


Malus au poids : le passage à l’attaque

Apparue en 2022 et longtemps cantonnée aux SUV XXL, la taxe sur le poids des voitures s’étend désormais à une grande partie du parc neuf.

  • Seuil abaissé : à partir de 1 600 kg (contre 1 800 kg en 2023), le malus débute à 10 € du kilo supplémentaire.
  • No exceptions : la liste des exonérations est raccourcie. Seules les familles avec 3 enfants et plus, les véhicules adaptés au handicap ou certains utilitaires dérivés (hors SUV dits « citadins ») échappent au dispositif.
  • Phénomène phare : même de nombreux hybrides ou breaks familiaux sont désormais touchés selon les niveaux d’équipement. Les électriques sont pour l’instant épargnées.

Cette mesure vise clairement à freiner l’engouement pour les modèles surdimensionnés et à promouvoir un usage plus raisonné de la route. Attention : les options comme le toit ouvrant panoramique, transmissions spécifiques ou batteries de grande capacité peuvent faire franchir le seuil de poids—d’où l’intérêt de bien étudier la fiche technique avant achat.


TVS, TVS « verdissement » et flottes d’entreprise : tout change

La Taxe sur les Véhicules de Société (TVS) poursuit sa mue et s’appuie désormais sur le double critère émissions CO2 + masse du véhicule. Fini le barème unique, les entreprises doivent désormais composer avec :

  • Composante CO2 : toujours calculée selon le niveau d’émissions WLTP.
  • Composante masse : déclenchée à partir de 1 300 kg pour des montants croissants.

Cela signifie que même certains modèles « propres » mais lourds génèrent une taxation notable. Les véhicules 100% électriques et hydrogène restent exonérés jusqu’en 2027, renforçant ainsi la dynamique en faveur du zéro émission.
Les gestionnaires de flotte devront intégrer ces nouvelles règles dans l’élaboration de leur « mix » véhicule dès 2024, au risque de voir exploser leur budget annuel.


Bonus écologique : recentrage serré sur les électriques « made in Europe »

L’aide à l’achat de véhicules propres passe au crible d’un nouveau score environnemental (coût du cycle complet de fabrication et d’acheminement du véhicule). Sont éligibles :

  • Les électriques fabriquées en Europe avec un score minimum écologique.
  • Prime plafonnée à 4 000 € pour les ménages classiques, jusqu’à 7 000 € pour les ménages modestes selon les revenus.
  • Hybrides rechargeables et hybrides simples : radiés du dispositif.

L’objectif ? Privilégier l’industrie locale tout en assurant que l’achat d’un véhicule propre s’accompagne d’un vrai bénéfice écologique, au-delà de la simple absence de pot d’échappement.


Prime à la conversion : des conditions renforcées

La prime à la conversion continue d’accompagner la sortie des vieux diesels et essences, mais avec des critères revus :

  • Véhicules cibles : seuls les motorisations 100% électriques ou hydrogène sont désormais admissibles.
  • Les véhicules hybrides ou GPL : sortent de la liste.
  • Plafond de ressources abaissé : la version maximale (jusqu’à 6 000 €) est réservée aux foyers très modestes.
  • Véhicules achetés d’occasion : prime maintenue sous condition, mais bonus limité à 1 000 à 2 500 €.

Cette évolution cible un renouvellement accéléré du parc, mais pénalise ceux qui ne souhaitent ou ne peuvent basculer que progressivement vers l’électrique.


Taxe annuelle sur les véhicules polluants : une deuxième sanction pour les gros émetteurs

À ne pas négliger : en plus du malus à l’achat, certains véhicules dépassant 190 g/km de CO2 sont désormais soumis à une taxe annuelle (dite « taxe sur les voitures de tourisme très polluantes »). Elle s’élève à 100 € par an dès la première mise en circulation, ce qui représente une charge supplémentaire durable pour les gros rouleurs et collectionneurs de modèles puissants.


Pont sur la fiscalité des occasions : TVA, carte grise et petites annonces

Les voitures d’occasion subissent indirectement les réformes. La hausse générale des prix neufs, poussée par le durcissement des malus, rejaillit sur le marché de la seconde main, avec une inflation persistante. À noter :

  • Certificats d’immatriculation : les tarifs régionaux restent disparates, mais les taxes additionnelles sur les véhicules puissants sont systématisées.
  • Véhicules importés : ils doivent satisfaire les mêmes critères CO2 que le neuf pour éviter tout malus à l’immatriculation.
  • Particuliers vendeurs : ils devront informer clairement sur le score CO2 et le poids du véhicule dans leurs annonces.

En clair, acheter une voiture d’occasion « récente » et puissante expose désormais à des frais majorés, même si le véhicule a déjà été taxé lors de sa première immatriculation en France.


Électrique et fiscalité locale : nouveaux leviers régionaux

Les régions, départements et métropoles s’emparent à leur tour de la question : exonération partielle ou totale de la carte grise pour les électriques, stationnement résidentiel privilégié, accès gratuit à certains péages urbains, voire primes complémentaires au bonus national. Ces coups de pouce varient selon les territoires : il est donc impératif de comparer les dispositifs en amont de tout achat ou changement de domicile.


FAQ pratique sur la fiscalité auto 2024 : vos questions, nos réponses

  • Dois-je payer un malus si j’achète un véhicule d’occasion ?
    Oui, uniquement pour les véhicules importés ou jamais immatriculés en France. Les véhicules déjà taxés à l’achat ne subissent pas un second malus lors de leur revente. Mais attention aux surcoûts de certificat d’immatriculation pour les modèles puissants.
  • Ma berline hybride rechargeable de 2023 a-t-elle droit à un bonus si je la revends ?
    Non, le bonus reste attaché à l’acheteur initial et aux critères en vigueur la première année de mise en circulation. Les règles 2024 ne sont pas rétroactives.
  • Puis-je cumuler le bonus écologique et la prime à la conversion en 2024 ?
    Oui, pour les ménages éligibles, sous réserve d’acheter un modèle 100% électrique ou hydrogène, sous conditions de ressources et de reprise d’un ancien véhicule.
  • Quels sont les risques à acheter un gros SUV thermique en 2024 ?
    Outre un surcoût à l’achat (malus et taxe au poids), le risque principal est une dépréciation accélérée en cas de durcissement futur de la fiscalité et de restrictions d’accès dans les grandes agglomérations (ZFE).

Nos conseils pratiques : comment s’adapter et limiter la facture ?

  • Pesez le vrai besoin : seuls les véhicules adaptés aux usages (trajets 100% urbains, mixtes, montagnards, grands rouleurs) permettent de rentabiliser un surcoût initial ou le passage à l’hybride/électrique.
  • Anticipez la revente : préférez des modèles faiblement émetteurs, dotés d’une bonne autonomie et d’un équipement rationnel : ils conserveront une valeur plus stable.
  • Renseignez-vous sur les aides locales : elles peuvent faire la différence si vous hésitez entre plusieurs modèles ou modalités de financement.
  • Lisez les petites lignes : attention aux options lourdes qui impactent la fiscalité (jantes larges, batteries additionnelles, équipements premium).

En résumé : 2024, année de vigilance mais aussi d’opportunités

La refonte de la fiscalité automobile, si elle impose une adaptation rapide, peut constituer une opportunité pour les automobilistes prêts à anticiper et à ajuster leurs choix de mobilité. En étudiant finement le nouveau barème, en tirant parti des dispositifs spécifiques à chaque région et en plaçant l’efficience au cœur de votre prochain achat, vous limitez significativement les hausses subies par nombre de conducteurs. S’informer reste la première clé pour transformer l’obstacle fiscal en levier d’économies à long terme.

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